Chapitre 2

La Guerre des Mondes

*

         Après avoir gagné la guerre et signé un pacte avec les sumériens, il y a douze mille ans, les représentants de toutes les parties concernées, avec l’accord du sénat, les bannirent de l’anneau central, considérant cette espèce comme nuisible pour son environnement et elle-même. Des millions d’années de cohabitation pour en arriver là. Nombreuses avaient été les guerres déclenchées par cette espèce. Le Sénat ne comptait plus les planètes détruites ou souillées par les humains. Certains les comparaient à des cochons ou à des singes doués de la parole et de la pensée. Leur future prison avait été leur planète mère et serait leur tombeau. Trop de guerres galactiques pour des richesses universelles. Le partage ne faisait pas partie de leur habitude de vie. C’était ancré dans leurs gènes depuis leur création. Beaucoup de légendes existaient. Il y avait peu de livres historiques sur la naissance de ce peuple. Les plus ancien seraient du voyage lors de la grande transhumance ; amené à bord sur ordre de la reine, elle les avait donné aux sumériens comme preuve de bonne foi du Sénat.

Elle entra dans L’Arche et lui tendit un livre relié.

« Ma reine merci pour ce présent, je vous promets d’en faire bon usage »

Elle allait partir quand il lui demanda

« En quoi est fait ce livre? »

 

« En peau humaine Artem »

Lui lança la reine Ouadjet

 

« J’espère que vous ferez bon voyage »

 

« Ne vous inquiétez pas votre majesté vos veilleurs sont là pour nous protéger »

 

Elle disparut dans une coursive et Artem se mit à lire ce livre étrange.

Comme conclu, les derniers survivants devaient être déportés dans un système éloigné en bordure des 12 cosmos ; Point de ralliement de toutes les autres civilisations. Seuls quelques millions d’hommes avaient survécu. Ils seraient dispersés sur plusieurs continents de la Terre. Ainsi avaient décidé les membres du conseil après un vote qui entra dans l’histoire. Tous avaient choisi à l’unanimité de les déporter loin de toute civilisation. Un peuple dirigeait cette planète. Bien que n’étant pas les seuls à peupler ces continents ils ne rentraient que très peu de fois en contact. Les sumériens allaient accueillir ses bannis et, de ce fait, allaient vivre et cohabiter avec les différentes races d’hommes qui peuplaient l’univers. Kadiginra était la capitale de cette civilisation. Une des plus vastes et des plus luxueuses capitales de cette époque. Le mythe est loin de décrire la réalité de cette période antique. Une partie de la population était hostile aux accords et des voix se firent entendre pour refuser d’accueillir et d’aider les nouveaux venus. Il avait fallu un certain temps et de nombreux compromis pour qu’ils acceptent. Leur pseudo-indépendance leur suffisait et les voir débarquer comme hôtes et non comme négociants en minerai ne les réjouissait pas plus que ça. Quand il s’agit de payer, ils étaient chiches mais réguliers et savoir maintenant il faudrait partager les rendait méfiants. Ils venaient à peine de découvrir le droit de propriété et allaient devoir couper dans leur patrimoine pour ces anciens maitres ; surtout il n’y avait aucune garantie qu’ils n’essayent pas de prendre le pouvoir.

Artem était leur chef, il était le représentant des sumériens au sénat et avait fort à faire pour ne pas tomber dans le vice de la corruption sur sa planète. C’était un homme de taille moyenne avec le crâne dégarni mais une longue barbe trimée chaque jour. Plutôt coquet il avait grandi entouré de femmes souvent riches et proches du pouvoir. Elles lui avaient donné le goût des bonnes choses mais surtout de diriger et imposer son point de vue. Avant toute chose c’était un homme d’une grande culture et parlait plusieurs langues anciennes, mais le plus important, il était surement le plus grand diplomate humain au sénat et le plus respecté depuis des siècles. Sumer était une colonie d’Eden, elle fournissait les matières premières à cette dernière. C’était grâce à un décret que Sumer avait quitté le rang de colonie pour celui de Planète reconnue par le Sénat. Le Sénat voulant affaiblir les dirigeants Edeniens avait émancipé et par là même avait fait d’eux des êtres respectés au sein du Conseil supérieur. Le plus haut chancelier était venu après le grand déluge pour rassurer les populations et ses dirigeants. De nombreuses mines à ciel ouvert étaient utilisées pour extraire le cobalt et l’or nécessaires à la survie de son tuteur. D’abord esclaves ils gagnèrent leur liberté sans violence. Le Sénat avait ordonné à Dahams et son peuple de cesser toute colonisation, mais le plus souvent, ils contournaient les décisions votées et continuaient leur pillage. Un temps partenaires de la communauté des grandes mines ils avaient quitté celle ci pour pouvoir être indépendants. Mais, sur terre, étrangement ils avaient gardé un pied à terre et revenait régulièrement charger les minerais ainsi extraits avec l’accord des sages. Les sumériens vivaient libres depuis un cycle mais continuaient à vénérer Eden comme le Jardin de la création sans connaitre la triste vérité.

Les premiers avaient survécu à la maladie, leur planète avait trouvé comme parade à leur parasitage, une épidémie qui rendit les hommes stériles, la race allait s’éteindre d’où l’accord de convoyer les femmes survivantes vers la terre et de placer les enfants mâles dans une colonie des sept lunes. Pendant presque deux cent mille ans cette branche humaine avait pillé les sols au point que, à certains endroits, la croute de leur astre s’effondra, le peu de surface habitable était polluée et, bien qu’il fasse partie de la fédération des mines, aucun de leurs alliés ne les aida. Un sentiment de désespoir les envahit et bientôt ce monde sombra dans la guerre. Un jour une épidémie les toucha et ils accusèrent les visiteurs des autres fédérations d’avoir amené ce virus. Après enquête la source était l’astre lui même. En polluant leur terre ils polluèrent l’eau et l’air ainsi toute la population fut touchée. Des milliards de morts en près d’un siècle. Aucune parade n’existait et le peuple de Sanin dut se résigner. L’astre et son satellite furent placés en quarantaine sidérale jusqu’à l’exode forcé. Les épouses, les filles, les soeurs furent arrachées à leur famille sans aucun espoir de les revoir.

Les seconds venaient d’une planète bleue devenue or… cette planète est la plus éloignée des douze cosmos mais étrangement son cycle de rotation dans l’univers est en trois temps, elle reproduit un triquetra entrant dans trois galaxies et sur une période donnée ; où la planète rentre en opposition avec chaque astre de l’univers concerné puis elle repart pour une autre galaxie. Le mal qu’il cause est si important que de nombreuses planètes ou lunes ont disparu au fil des cycles dans un noeud de trèfle. Tout est bouleversé, chamboulé mais rares sont les fois où la vie n’a pas repris le dessus. Elle met neuf mille ans à revenir et passe en bordure de chaque galaxie tous les quatre mille cinq cents ans causant de très nombreuses destructions. Elle perturbe à chaque passage les axes de rotation de tous les astres croisés. Les gazeuses s’en sortent plutôt bien mais les planètes comme la terre sont exposées aux pires fléaux. Arrivée à proximité de son ancien axe elle fait demi tour, elle fait ça à équidistance dans les deux autres galaxies. Tout cela sans jamais entrer en contact direct avec ses soeurs. Elle repasse donc deux fois près de certaines lunes mais quand un astéroïde ou un météore croise son chemin cela donne ce qui s’est passé sur Mars après la grande guerre ou sur Terre par ricochets sur son manteau de la matière est éjectée exterminant toute vie sur son passage pendant au moins un cycle. Un trou béant sur terre et un petit bout de sa croute devenu satellite attirant la matière à elle pour devenir sa lune. Un grand fracas et plus rien seul l’astre mort et des résidus qui errent dans la galaxie ; c’est ce que cru le Sénat pendant longtemps. On dit que la Grande Nemesis l’aurait fait dévié de son axe de rotation et que protégé par sa parure d’or, elle aurait survécu au choc et été éjectée hors de son orbite, il y a de cela plusieurs cycles.

La vie y était importante, aucune espèce n’était menacée, sauf celle embarquée ce jour dans le bâtiment minoen, du bétail dont faisaient partie les Edeniens. Ils appelaient cette planète l’Eden, le paradis, un astre voué à une mort certaine, sauvé par une poignée d’humains, devenu l’astre le plus craint dans ce coin de l’univers. Un petit coin de paradis en bordure des galaxies La totalité de la surface était recouverte de végétation, Aéroports Galactiques, de lacs, immeubles souterrains de plus de cent étages, de cours d’eau ou des gratte ciel de plus de six cent mètres, tous indépendants énergétiquement. Centre de tri des eaux usées ultramoderne, recyclage des déchets individuels et tri des produits manufacturés directement dans les buildings. Le plus souvent en sous-sol pour une meilleure harmonie avec la nature ils avaient aussi construit en hauteur. Ils avaient les connaissances sur la gravité et bon nombre de bases lotissements fleurissaient au dessus de la cime des nuages Tout y est recyclé, tout y a une seconde vie même certains sages eux mêmes ; d’un naturel passif, distingué et d’une intelligence hors du commun, ils avaient survécu plus de deux millions d’années.

Civilisation avancée à la base de tous les Peuples humain. Nul ne savait de quelle branche de l’évolution de leur planète ils venaient. De mémoire de sénateur ils étaient apparus un jour. Miracle pour certains, hérésie scientifique pour d’autres, ils étaient vus tantôt comme des porcs qui ne pensent qu’à se bâfrer et se reproduire tantôt comme des singes incapables d’évoluer. Même les non croyants n’avaient pu qu’y voir la main d’un dieu. Pour protéger sa planète des effets de différents cataclysmes ils avaient créé un bouclier atmosphérique qui à la fois empêchait d’être touché par les astéroïdes et protégeait des rayons ultraviolets et cerise sécuritaire sur le sunday de la technologie, ce bouclier les rendait invisibles aux radars et télescopes même les plus sophistiqués. Sa seule erreur était celle de mettre en esclavage toutes les planètes découvertes. Ils se faisaient passer pour des dieux et sans cesse pillaient les ressources nécessaires à leur propre survie. Elle n’avait de propre et sans tache que l’image, les mains, elles étaient pleines de sang. De nombreuses fois rappelées à l’ordre par le Sénat, ils se fichaient éperdument des règles. Une partie d’entre eux avaient suivit une autre voie bien plus éclairée celle là. Bien que de nombreux peuples étaient devenus libres par la volonté d’harmonie dans l’univers, régulièrement ils avaient été mis en garde sur les conséquences de tels actes.

La troisième tribu était primitive en apparence et violente mais douée elle aussi d’une grande intelligence. En premier lieu Ils habitaient l’olympe mais ils furent chassés pour trahison par les gardiens d’éden. Un grand nombre de soldats de la première tribu fut massacré puis ils dispersèrent les survivants ; qui s’implantèrent sur cette colonie en bordure de la galaxie elliptique. Cela faisait longtemps qu’ils n’avaient pas fait de vagues mais ils étaient surveillés par le sénat mais aussi par Eden. Ils cachaient bien leur jeu, bon nombre de leurs secrets résidaient dans des technologies avancées. Mais en apparence seulement ils étaient primitifs car derrière cette façade une mascarade se tramait en sous sol. Ils avaient réuni assez d’armes pour détruire n’importe quelle armé et surtout il pouvait la battre sur mer dans le ciel et même dans l’espace. La venue des émissaires du sénat pour préparer le grand voyage avait contrarié leur plan mais ils ne s’avoueraient jamais battus. Ils préféraient se quereller pour des femelles ou tuer leurs voisins pour quelques bouts de chiffon ou bien même pour des métaux précieux. Peu d’entre eux avaient survécu à la dernière guerre des mondes mais la reine de Minoâ avait tenu parole et avait épargné les survivants. Leur chef Kaë était sanguinaire et sans aucune pitié. Son pouvoir était sans limite sur ses sujets. Ils étaient d’après la légende les descendants directs du peuple de la terre, mais pour de sombres jeux de pouvoirs avaient choisi de s’exiler sur un satellite d’une naine brune appelé Herculeos dans la galaxie d’Elyos. Certains disaient que les sages avaient choisi le céleste et les édeniens l’argent et eux minaient pour les seconds, réduits en esclavage pendant des centaines de milliers d’années. Il n’y avait pas de gardien parce que aucun moyen de quitter la planète. Son champ magnétique attirait tout comme un aimant seule une porte magnétique sur la planète permettait le transport dans un sens comme dans l’autre. Il suffirait au sénat d’ouvrir la porte de Pandora et les hommes de Kaë arriveraient derrière la porte située sur l’arche galactique.

Les quatrièmes n’étaient que les victimes de cette guerre, n’avaient ni la parole ni la connaissance de l’écriture, ils ne communiquaient que par cri. Mesurant plus de 6 pieds et étant particulièrement poilus ils étaient craints plus pour leur apparence que par leur force qui pourtant surpassait celle des autres tribus. Victime parce que tout les humains étaient bannis, leur tribu était la moins évoluée de toutes et donc ne faisait que subir la sanction de la reine ouadjet et du sénat. Peuple des plus primitifs ils vivaient dans de petites grottes disséminées sur leur planète. La chasse et la pêche étaient leurs seules occupations. Il vivaient reclus le plus souvent dans des cavernes pendant les périodes de grand froid et regagnaient les plaines une fois l’hiver passé. Une partie du temps ils ne sortaient que la nuit tombée de leurs huttes pour ne pas souffrir de la chaleur de la saison chaude. Toutes les activités se passaient la nuit l’été et ils ne faisaient rien l’hiver. Ils hibernaient comme des animaux. Il y avait deux saisons distinctes sur cet astre. Un été de quarante huit mois terrestres et un hiver d’environ soixante mois. La faune et la flore s’étaient habituées à ce cycle. Les miracles de l’évolution comme certains disent. Cela faisait plusieurs millénaires que les autochtones faisaient des allers et retours entre l’obscurité des nuits chaudes et celle des journées noires et glaciales. Nadja sa servante en était, elle la suivait partout et satisfaisait à tous ses désirs même les plus primaires. Preuve que la reine appréciait les femelles de cette espèce pour autre chose que leur dévouement. Elle lui faisait confiance, parlait a cœur ouvert devant elle. Seule la parole lui manquait. Neufs soleils entouraient la ceinture avec comme conséquence des terres arides et une difficulté non des moindres à subsister et donc à évoluer. Le retard de cette civilisation primaire était aussi un avantage car les colons d’Eden n’avaient pu les asservir. Les cycles des neufs soleils étaient communs et tous les quatre ans, l’aridité et les chaleurs extrêmes étaient remplacées par un froid polaire et la glace recouvrait le sable une fois que la planète s’éloignait des soleils. Le Sénat avait longtemps hésité sur leur sort mais ayant une ADN commune ils étaient eux aussi susceptibles de reproduire les même erreurs. Ordre avait été donné de les déposer sur la partie glacée de la terre pour faciliter leur intégration.

La reine aimait à dire devant les sénateurs, en assemblée que ces bêtes puantes là ne valaient pas mieux a long terme que ces érudits qui se disaient supérieurs aux minoens vulgairement appelés sages. Ils descendaient de l’être suprême celle qui avait donné la vie à la race des hommes et qui après avait fauté avec le dieu serpent. Légende pour certains, histoire des civilisations pour d’autres. On parlait beaucoup en ville mais peu réellement savait. En fait une fable pour enfants à qui l’ont voulait faire peur. Elle savait ces écrits erronés et connaissait la vraie histoire de ces êtres vivants. Le dieu serpent n’était autre que le roi des reptiliens. Il aimait, autant que la reine Ouadjet, les femmes humaines, mais lui ne s’encombrait pas des lois du sénat sur la protection des espèces menacées. Les reptiliens étaient des mercenaires à la solde du meilleur payeur mais surtout se nourrissaient de leurs prisonniers, réduisant en esclavage les enfants et violant les femmes. Préférant vivre dans leurs vaisseaux, ils n’avaient pas de planète connue. Ils étaient craints de tous et plusieurs guerres n’avaient pas affaibli leur appétit. On pouvait les trouver aussi bien en bordure de la galaxie d’Orion que celle du lion. Le dieu serpent était l’un des plus vieux membre du sénat et tous le craignaient. Son défunt fils était le fruit d’une nuit passé avec la reine des humains Avëa. C’était il y a plusieurs millions d’années.

Munëa était un monde de paix et d’opulence. La recherche du bonheur était leur doctrine. Depuis la nuit des temps ils élisaient leur reine et rien ne pouvait changer cette règle. Aucune des tribus ne cherchait à dominer l’autre. L’harmonie régnait depuis prêt de cent soixante quinze millions d’années sur cette planète et sur ses lunes. Leur système étatique était simple et le partage était une de leur valeur prédominante. De ce fait la jalousie, l’envie, l’avarice n’avait pas leur place dans leur système de valeur. Un système matriarcal avec à sa tête une reine élue par son peuple au suffrage direct à un tour. Le sénat lui représentait chaque planète élevée d’un bout à l’autre de l’univers. Plusieurs fédérations étaient nées et certaines ne souhaitaient qu’une chose la fin du sénat.

Je ne sais pour quelle raison les humains étaient d’une nature naïve. Prêts à croire tout et n’importe quoi. Mais la cupidité était un de leurs plus grands défauts. L’un ajouté à l’autre faisait d’eux des êtres stupides doués d’intelligence, un paradoxe de la nature que trois guerres atomiques qui ont fini par ne laisser que des restes aux populations survivantes. Une planète si riche devenue la prison du rebut de l’univers. Ils étaient de bons soldats disciplinés et robustes. Le jour où on avait besoin de se battre sur un champ de bataille et dans l’espace on faisait appel à eux. L’alcool et les paradis artificiels étaient souvent leur moteur aussi bien dans l’art que dans la l’art de la guerre. Pourtant peu leurs faisaient confiance. De nature arrogante ils étaient le plus souvent les instigateurs des conflits. Jaloux ils ne savaient se tenir loin des rixes et autres embrouilles. Même les plus évolués trempaient en plein océan de corruption, chantages et malversations en tout genre.

Depuis que l’univers est ce qu’il est, la guerre et de longues périodes de paix s’étaient succédées. Mais cette fois seuls les hommes allaient payer la note. Leurs représentants avaient menti au conseil et couvert des crimes abjects. Même la reine n’avait pas voulu y croire avant de voir les preuves. Les responsables de chaque tribu avaient été réunis mais la sentence était connue d’avance. Abes représentait la tribu d’Eden, Sethis lui était le porte parole et chef des Sanins et Kaë, chef des barbares. Seul les primitifs n’étaient pas représentés.

Dans un passé lointain les hommes auraient déjà commis pareille erreur, d’après quelques tablettes bien conservées dans le palais de la reine, les hommes, firent fondre les glaces, arrachant toute vie végétale ce qui changea les courants, décimant les troupeaux, les maladies furent transmises par l’oiseau, seul animal capable de parcourir mille lieues sans fatigue. Ouadjet aimait lire ces tablettes mais elle ne comprenait pas tout, cette langue si lointaine ne correspondait pas à la langue Minoenne ou à d’autres dialectes ancestraux. Il lui avait fallu plusieurs milliers d’années pour arriver à déchiffrer certains passages Seule la mort et la destruction revenaient, elle pleurait souvent en pensant à ces hommes…ce cercle vicieux… mais la machine était en marche…

C’était la seule tare qu’elle trouvait à cette espèce qui dans des temps plus lointains était la nourriture de son peuple, avant que les douze lois n’accordent aux animaux le droit de converser, de se réunir, de pouvoir vivre en liberté et en sécurité. La plus grande faveur qui leur fut offerte fut aux yeux de bon nombre de sénateurs le droit de propriété. Les humains purent posséder autre chose qu’une conscience. Ce privilège ultime avait été voté après une bataille gagnée par les Atlantes, il y a de ça plusieurs cycles. Le doyen des sénateurs approchait le cycle et tous le respectaient pour cela ; quand il disait de mémoire d’homme aucun autour n’était né et ce qu’il racontait datait d’un autre Age. La légende du dieu serpent montrait bien la crédulité des hommes et surtout qu’ils reproduisaient toujours ce qui est gravé dans leur sang pour toujours : la mort. Elle était connue des toutes ces races mais seuls les sumériens ne la vénéraient pas comme une déesse, pourtant Lilith était bien la mère de tous. Quand elle pensait au dieu serpent elle n’arrivait pas à comprendre quelle femelle même parfaite pouvait engendrer une race si pitoyable. Eve n’aurait jamais du venir au monde. Faible était le serpent pour avoir laisser vivre cette progéniture, se disait la reine des minoens.

Le cas des inkahis avait été difficile à trancher. Descendants des martiens, ils avaient une apparence proche de celle des hommes mais des valeurs différentes. Arrivés sur terre il y a cent cinquante mille ans, ils ont d’abord peuplé le continent de Manïu avant de se réfugier plus au sud du continent Américain. Ils ne devaient pas interférer dans la vie des terriens et ne pouvaient commercer avec eux ni leur apporter leur technologie. Mais les règles sont faites pour être brisées. Bon nombre de découvertes ces quinze derniers millénaires étaient dues à la croisée de plusieurs peuples. Depuis la grande glaciation ils s’étaient repliés sur eux même, près de cent mille ans cachés dans les montagnes. Ce n’est que très récemment qu’ils ont renoué avec les terriens. Leur soif de sang et de guerre n’était pas une légende mais ils respectaient les vaincus. Ils avaient été les premiers déportés sur terre à la fin du dernier cycle. La décision n’avait pas été facile à prendre mais après de nombreux accords menés au sénat Galactique, une chance leur avait été donnée. Vivre sur la terre et respecter leur environnement. Ils devaient apprendre à vivre en harmonie avec les cieux.         Déposés dans une contrée éloignée de toute vie ; ils peuplèrent ce qui deviendrait Mü l’Empire du Levant. Même les sages eux mêmes n’avaient connaissance de cette information. Ils étaient en lien direct avec eux et le sénat, mais en aucun cas ne devaient jouer un rôle quelconque dans l’évolution des civilisations en devenir sous peine d’être décimés. Ils avaient un code basé sur les étoiles qui leur permettaient de voyager par delà les univers mais après la grande guerre des mines sur mars, la planète était devenue invivable. Des millions d’années de prospection avaient réduit cette belle planète bleue au rang de caillou. Un avant poste Minoen avait été construit en sous-sol mais il n’y avait plus aucune vie sur la surface de Mars. Puis il y eut plusieurs météorites qui finirent de tuer cet astre magnifique. Quand Sur terre la grande guerre eut lieu avec son lot de misères ils se cachèrent en attendant des jours meilleurs. Le Sénat finalement décida de ne pas les punir pas en concluant qu’ils étaient déjà en prison dans ces montagnes.

Les chefs des tribus avaient été réunis et la sanction leur avait été annoncée par la voix même de la reine. Un long silence et Kae prit la parole. Tout le monde l’écoutait et le Gouverneur comprit qui était le nouveau chef de ce groupe de sauvages. Il fit un rapport à son supérieur qui arriva sur le bureau du conseil et fit appeler la reine.

Un grand voyage les attendait puis à l’arriver une grande prison à ciel ouvert. Anubis en grand général et Ra gouverneur de Hermopolis seraient accompagnés du grand sage thoüt et de la grande prêtresse Osiris pour la grande transhumance. Dix mois terrestres seraient nécessaires pour arriver jusqu’à la planète bleue. Une longue traversée semée d’embuches et surtout ils ne seraient pas à l’abri d’une révolte pendant le voyage. Certains chefs avaient déjà juré de revenir pour tuer le sénat et ainsi mettre fin a cette dynastie. La colère était montée d’un cran à l’annonce du verdict. Beaucoup étaient morts car il avait fallu faire de nombreux exemples avant le départ. Même avec tous ces morts le voyage serait difficile et l’Arche était beaucoup trop exigüe pour transporter les survivants. Celui qui arriverait à les unir vaincra disait la légende ; S’il n’était pas l’élu il serait en tout cas le grand pope pour un temps. Le sénat savait maintenant ce qui l’attendait mais ne possédait pas encore toutes les cartes.

Ce que les tablettes ne disaient pas c’est qu’il y a plusieurs cycles, les hommes avaient habité la terre. Une civilisation plus ancienne que Sumer. Ils connaissaient parfaitement l’atome et son utilisation et leur industrie était basée sur la nanotechnologie. L’infiniment petit n’était qu’une des facette de leurs avancées, ils maitrisaient parfaitement l’alchimie et toutes les transmutations. Chacune de leurs découvertes était saluée partout dans l’univers. Bon nombre de brevets avaient été achetés par le Sénat soucieux de ne pas voir ces inventions tomber entre de mauvaises mains. La gravité n’était plus un secret pour eux. Seul les trous noirs leur étaient inconnus. Trop souvent proches mais jamais ils n’avaient pu maitriser le saint Graal. Ils étaient perçus comme des fous par certains par des génies par les autres. Au sein même du sénat bon nombre craignaient leur technologie. Le Sénat ne voyait pas d’un bon oeil toute cette puissance dans la main et l’esprit d’êtres si mesquins et avides de pouvoir. A l’aide d’une technologie avancée ils avaient bâti des monuments de façon à transmettre leurs connaissances. Sur un cycle ils avaient réussi à bâtir trois cents pyramides et autant de temples mais ils savaient qu’après plusieurs cycles il faudrait tout recommencer. Ils avaient commis l’irréparable et ils payaient chaque jour leur choix. Une guerre entre deux tribus de la terre avait dégénéré et les chefs de chaque camp étaient devenus fous. Une guerre atomique avait tout détruit, des continents entiers avaient été défigurés et cela pour plusieurs centaines de milliers d’années.

C’est d’ailleurs de celle ci dont s’inspirèrent les sumériens. En plein âge de glace ils avaient protégé des espèces entières de la faune et la flore. Pas moins de soixante dix mille ans sous la glace à attendre des jours meilleurs. Mais ils savaient mieux que personne que chaque changement de cycle amenait son lot de catastrophes et de morts. Les chefs de tribus n’ignoraient pas le danger de cette planète pour leurs populations. S’ils survivaient à un cycle ce serait déjà bien mais avant cela il faudrait survivre à cette longue traversée. Sethis semblait troublé, auraient-ils mal jugé cet homme? Ils se retrouvèrent dans une des chambre aménagée pour les chefs de clans. Kaë présenta à Séthis son meilleur garde du corps. Il eut un moment de recul quand Il vit au bras de ce barbare une si jolie femme.

« Ma femme Jaeckta »

Sethis la salua et d’un air interrogatif demanda

« Qu’une femme soit au bras d’un homme était normal mais qu’une femme d’une autre race puisse avoir des rapports avec un être humain me semble sacrilège. »

« Il n’en est rien » lui répondit Jaeckta

« Si je vous raconte l’histoire de votre race je pense que vous me trouverez beaucoup plus à votre goût.

Kaë reprit la parole

« Si je te dit qu’elle peut tuer un Inkahis à trente coudés d’elle tu comprendras pourquoi elle est mon garde du corps. »

Sachant la planète instable et ne faisant pas confiance dans la parole donnée des sumériens, la reine décida d’envoyer en éclaireur les veilleurs qui à ses yeux étaient les seuls capable de contenir toutes révoltes humaine pendant le périple ainsi que sur terre mais aussi de pouvoir déjouer les pièges qui pourraient leur être tendus. Elle ferma le livre et eut une larme. Sa servante entra et d’un regard elle comprit, juste le temps de mettre sa couronne, une robe et de prendre ce tome unique et si cher à ses yeux.

Le conseil n’attendait plus qu’elle. Elles s’engouffraient toutes les deux dans ce grand couloir lugubre. Au fond on distinguait une lumière ; un bruit strident, et on entendit la grande porte se refermer derrière elles.

 

Auteur: Guillaume Plain

Tous droits réservés

© Juin 2015

Publicités

Chapitre 1

Les Changements

*

Rome, 8h du matin, les gardes Suisse restent de marbre, le temps dehors était frais. L’hiver était rude et long pour tout le monde. Les stigmates des bombardements sont encore cachés par quelques centimètres de poudreuse malgré le mois d’avril. Le climat avait changé à la suite de l’explosion de 5 volcans en moins d’un an ; d’un volcan en Indonésie, le Sangeang Api, du mont Pavlov en Alaska, l’Etna, le Vésuve en Italie et le Python de la Fournaise à la Réunion sans parler du mont Fuji au Japon, le Bardarbunga en Island en septembre deux mille quatorze et de la soufrière en Guadeloupe. Tous se sont réveillés en six mois de temps et les coulées de lave ont duré plusieurs mois. Des populations déplacées par millions. En plus des autres catastrophes il fallait compter avec ces nouveaux exilés. De nombreux pays furent affectés et le nombre de morts ne cessa d’augmenter au fil des mois. Pendant cinq ans, les courants et les vents avaient dévié changeant le climat par la même la face du monde à tout jamais. La météo avait foncièrement changé. Par la suite, les saisons s’étaient stabilisées.

            En Asie les pluies n’avaient de cesse dix mois sur douze et en Europe il n’y avait plus que deux saisons, un hiver long et glacial et un été timide et humide. L’Inde, le Pakistan, le Japon et les deux Corées avaient disparu dans l’effondrement de la plaque tectonique du Pakistan et les tremblements de terre ressentis jusqu’en France d’un coté et sur les côtes ouest Canada de l’autre. Le Canada lui, avait été peu touché par rapport au continent dans son ensemble. Malgré des secousses parfois violentes au niveau des Rocheuses ce pays étant dépourvu de volcans actifs. Les vapeurs et cendres venues d’Alaska ont eut une incidence sur la vie à l’ouest et au sud mais l’Ontario et le Québec avait été épargné. Une petite bande côtière à l’est de la province au lys avait disparu à la faveur du dernier tsunami mais la vie avait repris le long du Saint Laurent surtout autour de Montréal. Le reste du continent américain avait connu de nombreux changements. Outre le climat, les montagnes et les côtes, tout le globe dans son ensemble avait bougé. La Californie n’existait plus et Yellowstone était sous l’eau. La côte Est avait été submergé sur près de cent kilomètres, dans l’intérieur des terres et un grand nombre de citoyens américains avait péri. Le super volcan n’était pas entré en éruption mais l’humanité n’était pas à l’abri. Pas de super explosion mais un contournement des cours d’eau dû au nombreux tremblement de terre qui avait fini par remplir le volcan. Etrangement l’Amérique du sud avait peu bougé et les tsunamis n’avaient que très peu affecté la cartographie côtière du bas continent. L’Australie était à moitié submergée et aucune îles entre Sidney et la cote ouest de l’Amérique du sud n’avait résisté sauf une, l’Île de Pâques. L’Afrique a payé le plus lourd tribu que ce soit les différents tsunami sur ses côtes, la maladie, les tremblements de terre ou la guerre. Des dizaines millions de personnes mortes en quelques années. Même pendant cette courte période ils avaient continué à piller la corne comme si de rien n’était. Tout était matière à profits pour eux. La confédération de Russie elle, enregistrait des températures excessivement hautes pour cette latitude. Il n’était plus rare que des fermiers ou des mineurs fassent de nouvelles découvertes.

            Tous les chercheurs vous le diront nous manquons de temps. Mais peu vous dirons que nous traversons le temps et non l’inverse. Les mois passent, les années et seulement certaines personnes restent. Mon ami et collègue Sergei Antonov en faisait parti ; nous nous connaissions depuis un bon nombre d’année. Sergei s’occupait de fouilles en Sibérie. Plus précisément tout ce qui concerne les dossiers non classés de l’archéologie. En bref ce que l’on vous cache depuis plusieurs millénaire. Il avait été réquisitionné par le ministère de la culture sous couvert des services secrets russes. C’était un homme de taille moyenne avec une petite moustache brune. Il fumait des cigarillos directement importés de Cuba. Toujours habillé d’un complet beige, il portait toujours une écharpe rouge qu’un grand oligarque russe lui avait offert. Les cheveux mi-long en bataille, il posait parfois un chapeau en tissu sur sa tête pour avoir l’air plus sérieux. Nous étions en étroite communication depuis une dizaine d’années à la suite de découvertes en Sibérie remettant en cause notre évolution.

            Les représentants des grandes religions avaient crié au scandale avant de se ranger une à une derrière ce qui semblait être une preuve irréfutable. Des émissaires s’étaient rendus en Azerbaïdjan pour voir ses preuves. Un sommet sous haute surveillance volontairement Orchestré pour noyer le peuple sous de fausses informations. Seule l’Arabie Saoudite avait refusé cette découverte et refusait de valider cette nouvelle vérité sur l’évolution de l’homme. Darwin venait de se retourner dans sa tombe avec lui un grand nombre de scientifique, de politique et surtout de haut responsable religieux. Le bruit des cercueils aurait pu réveiller l’humanité mais pour chaque vérité les plus réfractaires trouvaient un argument stupide ou hors propos pour enfumer les téléspectateurs. Le KGB avait été ressuscité ainsi que ses méthodes barbares mais il y avait un point positif non négligeable à se retour ; grâce aux russes j’étais encore en vie. Par peur de voir la CIA profiter de ma mort et surtout de mes découvertes, ils m’avaient couvert. Ce n’était pas le Pérou et surtout la vie était rudimentaire mais je pouvais faire ce que je faisais de mieux ; chercher et trouver. Trois ans enfermé à étudier des artéfacts, des écrits vieux de dizaines de milliers d’années voir même plus ancien. Certains objets étaient datés au carbone 14 d’une date approchant le million d’année. D’autres objets irradiés étaient datés du début de la dernière air glaciére. Bon nombre de théories farfelues y trouvait une réponse. L’Air Glacière n’était qu’un Hiver Atomique. J’avais longtemps été sceptique mais les preuves étaient là, sous nos yeux. L’homme a toujours voulu savoir d’où il venait mais remettre en cause le dogme écrit eut été impensable. La religion a toujours veillé à notre méconnaissance de l’histoire. Savoir que l’existence de l’homme sur terre n’était en rien du hasard ou de la main divine ; en soit ce n’était pas une nouveauté. Découvrir qu’avant l’homme moderne il y avait eut des hommes doués d’intelligence au point de trouver une façon de transmettre leurs savoirs sur des millions d’années leur posaient un réel problème.

            C’était la deuxième fois que j’étais enfermé et finalement les prisons de la CIA n’avaient rien à envier aux prisons russes. Désormais les deux camps savaient mais chacun avait décidé sans se consulter de ne pas en parler. Aucune information n’avait filtré les premières années. Certains lanceurs d’alerte s’étaient eux-mêmes censurés de peur que la situation ne dégénère. Certaines informations valaient un prix exorbitant. Anomymous avait bien trouvé ici ou la des bribes d’informations sur des disques durs mais rien ne pouvait être vérifié. Même de très bons sites d’informations indépendants avaient creusé mais en vain. Je n’avais pas encore les éléments pour tout comprendre. Sergei avait de son coté bien avancé et à chaque conversation nous échangions précieusement nos nouvelles découvertes. A nous deux nous en savions plus que le KGB et la CIA réunit. Nous avions trouvé une façon de communiquer nos trouvailles par code. Nous parlions de nos grands pères respectifs. Tous deux soldats, l’un dans les forces françaises libres, soutiens de la première heure à De Gaule et l’autre dans l’armée Russe plus précisément un survivant de la bataille de Stalingrad.

            Leurs décorations étaient les artéfacts, les dates clés de la seconde Guerre Mondial représentaient des périodes prédéfinies dans le calendrier des astres et les personnages importants du conflit avait juste pour but de rendre crédible nos discussions. Chaque respiration donnait un nombre d’année bien précise que l’on calculait facilement grâce à une mètre à mesurer. Nous avions eut trois ans pour parfaire notre code et personne ne pouvait comprendre nos discussions. On se repérait sur une carte grâce au lieu important du D-Day qui correspondait à des points précis sur la mappe monde. Nous étions les seuls à pouvoir trouver la longitude et la latitude. Deux codes supplémentaires codaient nos découvertes en cryptant les données de façon linéaire.

            En ces temps tumultueux où la guerre faisait rage, une guerre de religion qui ne disait pas son nom. Les fanatiques de tous bords usurpaient son nom pour mettre en avant leurs guerres, poser des bombes devant des restaurants ou bien une des rares boutiques encore remplie de monde. Les pierres pleuvaient jusque dans la capitale romaine où la police avait fort a faire entre toutes les communautés armées. Le président du conseil avait appelé l’OTAN a l’aide et une motion avait été voté à la hâte au siège des Nations Unis à Montréal. Tous les sièges important avaient été déplacés à la hâte. Situés sur l’ile de Montréal devenue par dépit la capitale du nouveau gouvernement mondial et au grand dam des dirigeants états uniens qui pensaient il y a peu encore être les maitres du monde. C’est ainsi qu’en quelques jours la face du monde changeât. Paris fut la première puis Londres et enfin Washington à ce moment là je n’avais aucune connaissance de ce qui se passait. J’étais en Serbie à faire des fouilles autour de la Grande Pyramide et a vrai dire je m’en fichais royalement, j’avais d’autres soucis plus personnels. Entre les services secrets du Vatican et du Mossad qui cherchaient à m’éliminer et la CIA qui me finançait à des fins plus politique qu’archéologique. Tout ce petit monde jouait avec moi mais savait que j’étais proche de la vérité. Le Mossad avait financé l’attentat de Deauville ou avait périt la reine d’Angleterre, le président russe et français. Un joli coup les premières quarante huit heures mais après les médias avaient relayé l’info selon laquelle le gouvernement israélien avait participé au complot et la guerre était lancée. Un matin de juin de deux mille quinze la troisième guerre mondiale avait éclaté. Depuis la crise ukrainienne de deux mille quatorze les tensions étaient palpables entre les grandes nations.

            Plusieurs camps de manifestants un peu partout dans la ville avaient été vidé dans le sang. Une purge systématique planifiée et organisée mais cela n’avait pas découragé les survivants. Pendant des mois l’odeur de chair brulée remontait les rues. L’ordre avait été donné par un sombre général de l’OTAN qui rêvait de gloire tout cela au détriment de la population. Mais en sortant de sa résidence pensant pouvoir rejoindre le Vatican il avait été victime de plusieurs kamikazes et son corps, enfin ce qu’il en restait, avait été pendu non loin du Colisée. Quand les troupes de l’OTAN passaient là, elles ne pouvaient le rater, mais en aucun cas elles ne s’arrêtaient pour le détacher. Il était devenu le symbole d’une insoumission collective. Les soldats de l’OTAN savaient que la population s’était organisée et était maintenant armée, prête à en découdre.

            Depuis le début le saint siège avait joué un rôle d’apaisement et de médiateur. Non sans intérêts cachés. Un grand nombre de migrants de France, d’Allemagne, d’Europe du nord ou du Royaume-Uni avait rejoint la capitale italienne. Ils pensaient trouver la paix, beaucoup y laissèrent la vie. Même ses appels dominicaux ne changèrent rien, l’appel au calme de l’ONU… rien n’y avait fait, la politique du pire était en marche… Peu étaient dans le secret mais beaucoup avaient lancé des alertes via les médias sociaux. Twitter, Reddit et quelques bons sites d’infos alternatifs avaient tiré la sonnette d’alarme mais trop peu avait eut le temps de réagir. Et surtout trop peu avaient pris les devants lors des premiers signes. Quand les évènements ont commencé à dégénérer, quelques petits groupes avaient pu se retirer des grandes villes pour reconstruire un brun de vie confortable loin de la guerre ou de la maladie mais très vite des groupes armés indépendants s’étaient mis à piller et à tuer sans raisons. Dire sans raisons serait mentir. Academi et consort pour ne pas les nommer avaient reçu l’ordre d’exterminer toutes personnes n’étant pas répertorié dans leur base de données. Depuis deux mille douze secrètement les états-unis avaient lancé un programme d’injection de puces RFID* aux population des grandes villes américaines et des capitales alliées. Sans le savoir les donneurs de sang, les malades hospitalisés, les personnes vaccinées, toutes et tous étaient ensuite référencés et surveillés via l’Oeil.

            Trois capitales occidentales détruites par la maladie et les bombes ; des millions de personnes sur les routes fuyant l’épidémie. Il aura fallu l’intervention de plusieurs centaines de bombardiers pour enrailler le fléau, Paris, Londres et Washington avaient disparu pour protéger le reste de la planète. L’épidémie s’était répandue si vite, avait fait tant de morts aussi rapidement. Aucun vaccins, aucune molécules connues pour faire face à la pandémie. Certains disaient que dieu avait envoyé ce fléau pour punir l’homme. C’est la que le Vatican à pris un rôle que personne n’avait imaginé. Le pape appela la population eurasienne à venir en Italie plus précisément à Rome. Pendant des mois des migrants marchaient tenus par une chose commune, la foi. Chacun d’eux soutenaient l’autre. Alors que la nourriture commença à manquer tous se mirent à chanter leur amour pour dieux et comme par miracle des avions chinois et russes leur parachutèrent des vivres. En un an pas loin d’un milliard et demi de personnes avaient traversé des mers, des montagnes sans jamais perdre espoir. C’est une fois sur place que les choses prirent une tournure tragique. Sur le trajet près d’un tiers des migrants étaient morts et une fois sur place des millions moururent de froid et de faim. L’Eglise Romaine ne pouvait nourrir tout le monde. le Pape le savait mais avait quand même lancé son appel. Les cardinaux inquiets avaient tout fait pour l’en dissuader.

            L’Europe s’était uni aux américains, en créant bon nombre de tensions internes, un seul bloc politique, monétaire et commercial. Fini les alliances transatlantiques place à un et même bloc. Diriger par une poignée de petits banquiers tous aussi dangereux les uns que les autres. Officiellement il y avait un président des Etats Unis d’Europe mais en réalité les marchés faisaient encore la loi. Plus de lobby juste une main qui joue avec les marionnettes que sont les politiques. Le monde n’est plus en crise, il est en déclin. Le peu de gens qui ont encore accès à l’information savent que le chaos est déjà là et que la fin est proche. Une seule chose pourrait ramener le calme et une lueur d’espoir mais à ce moment précis il était déjà trop tard. Trop de sang avait coulé mais jamais assez pour cette poignée de vautour. Depuis trop longtemps ils avaient perdu cette guerre mais ils leur restaient encore des fonds et ils utiliseraient tous les moyens en leurs pouvoirs pour arriver à leurs fins.

Comme à chaque crise depuis la nuit des temps ils furent les premiers a être persécutés puis vint le temps des bourgeois petit ou grand peu d’importance leur statut fut leur dernière fierté avant l’exécution sommaire. Au final aucun lieu n’était sur. Organisé en communauté la plupart était armée et n’hésitait pas à se servir de la force sans discussion préalable. Parfois une once de technologie subsistait mais il fallait être prudent car cela attisait beaucoup de convoitises. C’est la que les mercenaires entraient en jeu. Peu importe que certains choisissent la paix et le calme, ils étaient payés pour faire régner le chaos. Des heures sombres ou le seul espoir était la survie. Beaucoup s’en servaient pour maintenir les foules dans l’ignorance mais avec ses évènements d’autres s’en servaient comme arme. L’ignorance alliée à la folie donnaient depuis la nuit des temps des résultats catastrophique mais hélas il y avait toujours une infime partie qui l’utilisait et toujours les mêmes.

Cible du grand changement, ce mouvement récemment apparu qui faisait de la politique du pire son meilleur slogan. Pas un jour sans morts, partout dans le monde le Chaos, la peur de l’étranger était devenu la peur du voisin. Plus de couleur, plus de race, seul le changement importait. Ils avaient engagé des milliers de mercenaires, ils les avaient vendu aux médias comme une milice qui devait aider les citoyens à quitter les grandes villes ; armés par ce nouvel état, surentrainés, près à tout pour quelques milliers d’eurodollars par jour. Je les avais croisés en Irak et je savais le mal qu’ils pouvaient faire juste pour de l’argent. Après la disparition de Paris, le gouvernement provincial c’était déplacé à Bordeaux ; devenue pour l’heure une ville fortifiée elle avait accueilli les rescapés du parlement ainsi que ceux du gouvernement. Le gouverneur de la province n’avait pas survécu et sa chef de cabinet l’avait remplacé à la hâte. Depuis l’union des états unis et de l’Europe. La France était devenue une province malgré elle de ce nouveau monde. Un parlement qui n’avait plus aucune souveraineté et un gouverneur général sans aucun pouvoir sauf celui de la police et d’une pseudo justice. Tous les pays d’Europe de l’ouest avaient perdu ce semblent de crédibilité et étaient empêtrés dans la corruption. Ceux de l’est avait rejoins la Grande Russie Unie nouveaux symboles d’une guerre froide qui n’en disait pas son nom.

            Depuis des années je suivais les infos d’un œil distant mais mes voyages et mes rencontres m’avaient permis de voir venir les choses. A chaque fois que j’avais voyagé, les dernières années avant ces évènements, j’avais trouvé des preuves que même le Vatican n’avait pu réfuter. Toujours ce petit groupe qui nous empêchait de dire la vérité. Ils avaient la main mise sur les canaux d’informations. De la presse écrite aux radios et télévision. La plus part des grosses régies leur permettait des rentes légales. L’argent de la mafia finançait leurs sale guerre un peu partout dans le monde. Ils se finançaient aussi avec l’immigration clandestine. bon nombre de migrants mourraient en mer. Le peu de survivant finissait par errer dans les rues des capitales abandonnées. L’archéologie interdite comme on l’appelait avait ses stars mais peu d’entre eux connaissaient réellement la vérité. ils ne faisaient que l’effleurer en sortant un livre de temps en temps. Quelques Bestsellers sortaient de temps à autre mais à chaque fois soit la critique les démontait soit au contraire les ignorait. Le bouche à oreille et les forums faisaient la job. C’est au printemps deux mille quatorze que le saint père avait choisi de préparer les chrétiens à leur venu. Dans ces discours il avait désormais une petite phrase toujours dirigée dans le sens d’une rencontre prochaine. Je n’ai jamais pu lui parler en personne mais j’ai été marqué à vie par mon passage au saint siège. Encore aujourd’hui mes recherches sont liées à mon séjour dans ce lieu saint.

            Rome avait connu des heures tristes, plus personne ne voulait monter dans un train, les gens ne sortaient que pour les courses du quotidien ou pour voir la famille encore vivante, la peur menait la vie de toute les grandes capitales du mondes, les populations se réappropriaient les campagnes, la société de consommation était sur son déclin. Le peu d’argent encore en circulation ne valait pas grand chose. L’or, l’argent et surtout le troc avait remplacé le système monétaire international Une fin si proche que personne n’avait eut le temps de changer les choses.

« La nature reprendrait le dessus sur le béton » aimait crier les manifestants un jour devant l’ambassade de L Europe unis un autre devant ses fenêtres… même la religion était sur sa fin. Le déclin de la société moderne était en marche. Toutes les religions ne feraient plus qu’une. Beaucoup de personnes avaient vu venir ce moment. Au début seul certains sites en parlaient. Puis peu après l’affaire Snowden des courriels explicites avaient été publié. Le mécanisme complexe du changement était en marche et seul les vrais croyants trouveraient la paix. Cette phrase finissait chaque envoie de cette correspondance haineuse. Mais un secret encore plus lourd remuait le saint siège. Tous les plus grands états seront là et tous voudrons une réponse… que dire, que faire, leur dévoiler la vérité leur dire que les recherches de plusieurs siècles se sont maintenant concrétisés mais que la prédiction semble erroné… et surtout elle faisait peur à cette élite au abois.

            C’était un mois d’avril ordinaire si la météo n’avait pas prévu un refroidissement pour les jours prochains, le journaliste avait annoncé une chute de plus de vingt degrés.

            Le mois d’avril est plutôt clément a Rome au début du vingtième siècle mais cette année il risquait bien d’être enneigé et glacial. Le froid n’arrangeant pas ces vieux rhumatismes. Il devait faire plus attention encore. La pièce était encore un peu sombre pour l’heure mais bientôt se disait-il, il pourrait ouvrir sa fenêtre sans avoir peur de tomber malade. Le mobilier était simple mais de très belle qualité; des bois précieux, des ornements dignes des souverains des plus grands Empires. La lumière passait par une grande fenêtre centrale qui devait éclairer toute la pièce aux meilleures heures de la journée. Près de son lit trônait un cabinet en bois massif sur lequel était disposé des papier a entête et un imposant livre relié dans une matière souple et de couleur sombre, on distinguait un rouge passé qui laissait imaginer un rouge sang presque réel. La pièce était éclairée le soir par un grand lustre de cristal d’une époque révolue où les fastes et les richesses faisaient la fierté du saint siège. La porte était fermée mais on entendait déjà s’activer les fourmis, les pas pressés résonnaient dans sa tête comme le tic tac d’une montre. Au fond se trouvait un petit lavabo en marbre avec au-dessus un service de bain en porcelaine. Ils saisi le savon se frotta les mains pris ça brosse a dents et commença par un lavage sec mais précis.

Il se retourna et alla s’habiller comme il avait l’habitude de le faire seul.

            Tant qu’il pourrait s’habiller sans aide il serait capable d’occuper son poste. Après s’être nettoyé le visage et rincé la bouche, il enfila ses habits d’apparat et alla s’installer à son bureau. Chaque chose était calculée d’avance, la routine menait chacun de ses pas chacun de ses mots. Ces mains tremblaient, sa bague imposante ne faisait qu’amplifier le mouvement, comme pris d’une crise…

Ah non pas encore se dit-il ce n’est pas le moment

Il se saisit de l’imposant ouvrage et continue sa lecture…

            Le livre était poussiéreux, les pages s’effritaient presque au toucher mais il tenait à finir ce livre. La couverture l’avait interloqué, pourquoi cette matière qu’elle utilité, une reliure pareille ne pouvait pas exister… mais il fallait bien avancer et plus il tournait les pages et plus cette odeur lui emplissait les narines jusqu’à l’empêcher de respirer. Il lui restait un chapitre à finir et c’était le plus difficile ; la fin d’une histoire et le début d’une autre. Depuis longtemps il avait été mis dans la confidence alors qu’il n’était encore que prêtre. Mais un évènement dans sa paroisse lui permit de monter dans la hiérarchie sans encombre.

            Il se souvint de ce qu’on lui avait enseigné de nombreuses années auparavant lors de ses séminaires. Même en terre sainte peu était capable de déchiffrer cette langue, la kabbale lui avait fait si peur, les moindres souvenirs lui rappelaient à quel point la vie d’un homme coûtait chère et que personne ne pouvait priver un homme de la connaissance et surtout de la vie. Connaître son passé peut être plus dangereux que connaître son futur. Car si l’on prend pour principe que l’on recommence toujours les mêmes erreurs. Alors l’homme aura forcement plus de mal à l’accepter. Trop de gens étaient mort pour ces écrits. Trop de sang avait coulé pour protéger tous ces secrets. La main de dieu avait sûrement créer l’univers mais maintenant il était certain que nous n’étions pas là par hasard. Des choses s’étaient passées il y a fort longtemps. Les hommes tels que nous les connaissons n’étaient pas le fruit d’une quelconque manipulation génétique ou évolution d’un animal.

            Depuis des millions d’années l’homme existait et une poignée était maintenant au courant. Les détails n’étaient pas encore connus mais les personnes chargées des traductions avançaient à grands pas. Mes découvertes avaient aidé à cette compréhension, cette réponse qui nous hantait depuis si longtemps. D’où venons-nous. Il manquait ici ou là des morceaux de notre histoire commune mais bientôt la vérité éclaterait. Une grande conspiration entourait ce siècle et les protagonistes étaient sur le point de perdre la guerre. Ils avaient choisi une politique sanguinaire et avaient été pris au dépourvu de la façon dont les évènements avaient tourné. A part l’argent et une partie des canaux d’informations, ils ne contrôlaient plus grand chose. La terre sera leur tombeau qu’il le veuille ou non. Des forces plus importantes en avaient décidé autrement ; la Nature reprendrait bientôt ses droits, très peu d’espèces survivront et la vie suivra son cours comme la terre savait le faire depuis plusieurs milliard d’années. A chaque fin de cycle le scénario se reproduisait ainsi va la vie sur la planète bleue.

            Après s’être absenté quelques secondes il reprit ses esprits et continua sa lecture. Il avait été préparé à cette évidence mais les mots lui manquaient. Depuis le début de cette crise il avait puisé dans sa foi pour pouvoir rester debout et ne pas abandonner à son sort l’espèce humaine. Les mots résonnaient et son visage restait impassible. Au bout de quelques instants il s’arrêta de lire, le temps se figeât. Et s’il était celui dont les prophéties parlaient. Si tout ce dont il avait entendu parlé était vrai ? Il ne pouvait reculer et surtout renoncer si prêt du but. Un bruit sourd le sorti de ses pensées. Une personne en habit militaire se tenait devant la porte, l’air grave il tendit au pape un téléphone.

Il prit une grande inspiration et s’empara le combiné

Allo ? dit son excellence.

L’homme au bout du fil : Il l’a trouvé

Il ne savait comment réagir son visage se figeât.

Merci, bonne journée

Il se perdit le temps d’une respiration dans ses pensées.

Il crut que cela dura une heure et reprit le cours de sa journée.

 

Auteur: Guillaume Plain

Tous droits réservés

© Juin 2015