Chapitre 3

Les Vestiges

*

         Pour comprendre cette violence il faut remonter au mal. Quand il a décidé de bouger ses pions, qu’il a choisi de déclarer la guerre, personne n’y croyait. Je me souviens de mes cours d’histoire. Trop souvent cette phrase, l’histoire se répète. Je ne pouvais enlever cette phrase de ma tête.

La Pologne, 1939, les chars russes… l’histoire s’est répétée une seconde fois. L’OTAN n’a eu que peu de temps pour riposter. Il était trop tard : en deux mois les chars de Poutine étaient aux portes de Paris. Hollande avait pris l’avion pour Londres pensant être à l’abri mais le gouvernement britannique avait tout prévu. Les grands d’Europe qui n’avaient pas fui vers l’Amérique du nord avaient été arrêtés puis déportés en Russie. La seule chose qu’ils ne purent prévoir c’est l’explosion de l’avion Français en plein vol. Sans personne à sa tête l’anarchie régna jusqu’a ce que les russes envahissent la France. Ce fut un mois des plus sanglants depuis la révolution française. Des français tuaient leurs frères et violaient leurs soeurs ; des familles entières décimées en si peu de temps. Un génocide orchestré de l’intérieur pour faire émerger le pire de chacun d’entre nous. Les russes n’eurent qu’a faire le ménage dans les grandes villes ; pour les campagnes les alliés utilisèrent la politique du pire au nom de leur nouveau monde et pour contrer l’armée russe.

Un gouvernement d’urgence avait été créé mais la rapidité et la force de frappe des assaillants avaient surpris tout le monde. Des villes entière rasées en quelques minutes. Les journalistes présents en Ukraine montraient l’horreur de la guerre. En quelques jours il n’y avait plus personne pour suivre le conflit. La politique du pire avait commencé.

A ce moment là, j’étais en Égypte. Les Égyptiens venaient de voter et les tensions étaient encore visibles. Je descendais le long du fleuve avec mon guide et une armée de mercenaires sous un soleil de plomb. Il n’avait pas plu depuis des semaines. Le niveau du fleuve était des plus bas. Nous avions passé les trois derniers jours à nous battre contre des rebelles de l’EIL. Le jeu en valait- il la chandelle? Le professeur m’avait prévenu. Je ne pouvais compter que sur moi même. Les projets d’enseignement que j’avais suivis à ses côtés m’avaient ouvert les yeux et l’esprit à une autre forme de connaissance. J’avais changé ma vision du monde et de l’univers. Je savais que je possédais une arme qui pouvait avoir l’effet d’une bombe et réduire les croyances de tout à chacun à néant. Le professeur Hornes aimait me répéter que le savoir est garant des libertés.

Il me racontait ses exploits dans un monde en plein changement. Il aimait me montrer ses effets personnels avec lesquels il avait parcouru le monde. Une veste de cuir, un pistolet d’une autre époque, un vieux couvre-chef. J’aimais le taquiner en lui disant qu’il lui manquait un fouet et là, il se mettait à me conter qu’il avait inspiré Spielberg pour le rôle du célèbre professeur archéologue. Je hochais la tête comprenant où il voulait en venir. A chaque rentrée il prenait un nouvel assistant. Il commençait toujours par sortir ses vielles reliques puis lui comptait ses aventures d’un autre âge. Certaines de ses histoires semblaient si improbables mais il n’en démordait pas. Pour lui l’archéologie était noyautée par des loges occultes. Une de ses reliques portait tellement à confusion dans la communauté qu’il avait dû se résigner à la mettre au coffre de peur de perdre sa chaire à l’université ainsi que les crédits alloués. Comme si une pioche prise dans de la roche pouvait changer la face du monde.

Nous venions de passer la nuit non loin d’un camp de l’EUFOR. L’armée européenne avait été envoyée pour mettre fin aux conflits dans les pays du centre de l’Afrique qui duraient depuis plusieurs années. Elle n’était pas encore en fonction mais déjà prête à intervenir. Le Général fraichement nommé n’attendait que les ordres de Bruxelles. Nous avions dû rester discrets. Personne ne pouvait se douter qu’un autre conflit se préparait ici. Depuis plus de dix ans la France et l’ONU essayaient tant bien que mal de garder un semblant de paix mais après l’épisode Ébola et les bombardements étatsuniens la donne avait changé. Les extrémistes de L’EIL s’étaient alliés et tenaient quatre-vingts pour cent du Sahara ainsi que la plupart des capitales d’Afrique centrale.

Plusieurs milliers d’hommes au bord du Nil, stationnés là, entrainés à tuer, sans aucune pitié. Ils n’attendaient que l’ordre de se mettre en marche. Là où l’ONU avait pêché par manque de pouvoir cette armée surentrainée allait balayer d’un revers de manche toutes formes de rébellion sur le continent Africain. Un plan de bombardements des capitales récalcitrantes avait été voté secrètement à l’ONU pendant que certains tentaient encore de trouver un compromis. Le plus grand génocide légal orchestré par les états occidentaux. Au lieu de s’en prendre aux milices armées ils exécutèrent la population civile et des millions de personnes remplirent les charniers. Si une civilisation future creusait, elle n’aurait pas de mal à comprendre ce qui s’était joué ici. La mise à mort pure et simple. Ils n’avaient aucune chance de s’en sortir. Les maladies à côté n’avaient été qu’une écharde dans la corne d’un rhinocéros d’Afrique. On peut dire que ce jour ils avaient perdu la bataille de la communication et que toute les solutions avaient été utilisées pour arriver au demi milliard de survivants dont une majorité de la classe dirigeante ; enfin c’est ce qu’ils croyaient.

J’avais en ma possession une vieille carte mal conservée et une vielle bague attachée en pendentif. Elle était faite dans un métal que je ne connaissais pas. J’avais fait pas mal de tests dont celui du micro ondes. Mal m’en a pris, j’avais du nettoyer mon bureau après l’explosion de celui ci. La bague, elle, était en parfait état, elle avait même été nettoyée par les flammes et la chaleur. Les signes en arrière ne ressemblaient à aucun signes connus. Même Zecharia n’avait su déchiffrer cette écriture. Il avait passé une partie de sa vie à vouloir découvrir le secret de cette bague. Tous les spécialistes connaissaient la signification des ailes et de la pyramide mais en aucun cas les dessins au dessus ne ressemblaient à quelque chose de connu. Je la portais autour du cou non comme un trophée mais surtout pour ne pas la perdre. Trop souvent, à sa vue, des gens bien avaient sombré dans la folie. Je savais que je pouvais m’en sortir et que personne n’est condamné d’avance ; je savais déjà que je devais aller jusqu’au bout.

Une poignée d’initiés avait choisi de maintenir le monde dans l’ignorance. Dès lors, leur choix allait sceller l’avenir de l’espèce humaine. En gardant tous ces secrets cachés de tous, ils avaient fini par croire que la population resterait soumise. Mal leur en avait pris. La boite de pandore allait être ouverte et avec elle bon nombre de secrets allaient être dévoilés. Je me souvenais d’un de mes nombreux voyages à Rome. Trop souvent pris par mes lectures à la bibliothèque du Vatican, j’avais fait une rencontre étrange, une nuit, en m’attardant dans cette pièce immense. Il était de petite taille et l’air de sortir d’une autre époque. Il s’était présenté à moi comme un gardien du savoir. Il avait été cardinal dans une autre vie m’avait-il dit ; en regardant le livre que je tenais, il me dit cette phrase.

« Le pouvoir du féminin sacré nait de la puissance du masculin »

Puis il repartit par une petite porte dérobée au fond de la grande galerie. Que voulait-il dire ? Quel message avait-il voulu faire passer ? Il me semblait avoir lu une phrase proche de celle ci. Une traduction hasardeuse du sanscrit, je m’étais dit. Je me replongeais dans mes lectures quand, dans un éclair de génie, je me souvins du livre ou j’avais lu cette phrase. Me rendant en courant dans l’allée ou je me souvenais l’avoir vue. C’était un gros livre dans une matière étrange. Je n’avais pu le lire parce qu’un prêtre Jésuite l’emportait avec lui mais j’avais pu lire sur la couverture cette phrase, ces trois lettre ¨N…OM¨.

Rien à son emplacement, le livre manquait. Quand je me dirigeais vers l’ordinateur de recherche, un garde suisse vint me chercher. Mes recherches étaient finies pour ce soir je me dis.

« Monsieur le Cardinal d’Ambrostinie veut vous voir. »

« Suivez moi »

Cela faisait quelques années mais cette phrase me hantait. On ne parle plus ici d’arche, de calice, de rêve d’immortalité mais bien de l’origine de la race humaine. D’ou venons-nous, qui sommes nous ? Tant de questions sans réponses pour quiconque ne se posait pas les bonnes questions. Nous avions marché un mois parfois quinze heures par jour. Je savais au fond de moi que nous approchions du but mais j’étais loin de m’imaginer les découvertes que nous allions faire. En arrivant en pleine forêt nous avions pris une pause de deux jours. Tout le monde était épuisé et démotivé mais je continuais de les encourager en leur expliquant que nous cherchions plus qu’un simple trésor. Le saint graal pour eux était une coupe de vie mais pour moi c’était plus que cela, c’était la réponse à cette question… d’ou venions nous ? La réponse était dans cette forêt, j’en étais sûr.

Passés les deux jours de repos forcés nous avions repris la route vers le sud, le grand lac était derrière nous depuis plus de quinze jours et nous nous enfoncions à un rythme beaucoup trop lent à mon goût. La forêt se faisait de plus en plus dense, nous avions perdu trois hommes à cause de la fièvre et le peu de médicaments que nous possédions n’y faisait rien. Si cela continuait comme ça, aucun de nous n’arriverait à destination. Une fois de plus nous devions faire un arrêt. Deux porteurs de plus étaient tombés malade. Nous sommes restés trois jours de plus. Le soleil n’était pas encore levé quand on entendit un cri venant du coeur de la forêt. Trois hommes armés partirent en éclaireur, quelques instants après l’un deux revenait ensanglanté et une flèche enfoncée dans la nuque. En deux secondes nous étions encerclés.

Tôt dans la matinée nous étions entrés en contact avec deux primitifs isolés. Ils étaient cachés dans les arbres, occupés à nous observer. Ils avaient fuit et même notre guide n’avait pu les rattraper. Nous ne savions pas si La forêt était hostile mais si je me référais à mes notes ils pouvaient être les gardiens du temple. J’étais allé moi même à leur rencontre. En nous voyant arriver ils s’étaient regroupés et nous attendaient armés de lance. A la vue de mon pendentif un des hommes avait crié quelque chose et tous s’étaient prosternés. Je leur indiquais de se relever mais rien n’y faisait, ils n’osaient plus me regarder. Après plus d’un quart d’heure une femme sortit de nulle part et leur parla. Ils se relevèrent et nous escortèrent jusqu’à une grande échelle creusée dans un arbre gigantesque. Elle ne posa aucune question à propos du pendentif ce qui m’intrigua. Pourquoi ses hommes étaient sensible à ces dessins et pas elle.

Arrivés en haut des arbres nous pouvions contempler la grandeur de cette forêt. J’arrivais à sentir l’âme de cette jungle. L’air était beaucoup moins humide près de la cime des arbres. Le soleil commençait sa lente décente. Nous furent bientôt éclairés à la seule lumière de la lune. Ils commencèrent par nous nourrir puis ils soignèrent les malades. En deux jours tout le monde était sur pied. étrangement la femme parlait un dialecte proche de l’hébreu et du nubien, un mélange qui me permit de me familiariser avec cette langue. Je lui demandais ou elle avait appris cette langue et d’ou venait leur culture. Elle me répondit que son peuple avait toujours parlé cette langue et qu’ils étaient les gardiens du trône. Que son peuple était venu la il y a plusieurs milliers d’années.

Enfin ce fut ma supposition vu que le mélange des deux n’avait pu s’effectuer qu’à une période ou les deux peuples avaient eut une chance de se croiser. Cette période était elle-même consignée dans la bible. Elle vit sur mon visage un mélange de stupeur, d’effroi et de joie et se mis à rire. Elle ajouta que nous les hommes blancs avions oublié nos origines. J’insistais pour voir le trône mais elle me répétait d’être patient, que d’abords nous devrions reprendre des forces. Je la questionnais sur ce trône et sur sa fonction. Quand je prononçais le nom de Salomon elle recula d’un pas et marmonna une phrase incompréhensible puis elle repris ses esprits et se retira de la hutte.

Plusieurs jours avaient passé et la gardienne vint me voir. Dans ses mains je pus reconnaitre sur un pendentif le même symbole que sur la bague. Elle me le tendit et désigna un point sur ma carte, un endroit précis ou elle me dit que je trouverai ce que je cherchais puis prit un bâton au sol et esquissa plusieurs formes dont une qui représentait étrangement un cartouche. Sur le coup je ne me rendis pas compte de sa signification ; ce n’est que sur le trajet que je me souvins ou je l’avais vu. C’était le premier cartouche sur la pierre de rosette, enfin ce qu’il en restait ; au début de mes études j’avais eu la chance d’approcher ce vestige d’un temps ancien. Deux mois de cours d’été à travailler sur cette pierre jour et nuit mais le jeu en valait la chandelle. J’avais pu corriger une dizaine d’erreurs faite par Champollion. Des erreurs en apparence bénignes, qui, je le pensais, allaient révolutionner l’archéologie moderne mais très vite j’allais déchanter. On me fit savoir que si je publiais ces travaux je n’aurais plus jamais de bourses et que je n’aurais pas la chance de finir mon dernier trimestre.

A cette période je n’avais aucune connaissance de ce milieu là. Avec le temps je me fis un nom et pus grâce à quelques soutiens publier une partie de mes recherches. On peut dire que j’avais pas mal de chance ou une bonne étoile car parfois mes thèses étaient reprises pour être aussi démontées mais au moins elles étaient publiées. Ce n’est que plus tard que je compris qui était derrière cette pseudo bonne étoile. Je n’étais qu’un pion parfois trop incontrôlable.

Trop peu à mon goût mais ce fut assez pour trouver quelques mécènes pour financer mes premières recherches. A partir de ce moment là, je passais le plus clair de mon temps sur les chantiers, dans des grottes et dans les bibliothèques reconstituées de certains pays en guerre. Il m’arrivait parfois d’être dans des lieus que l’imaginaire collectif semble avoir oublié. Il y avait un peu partout dans le monde des trésors d’écriture disponibles aux seuls initiés. C’est comme ca que je vis de mes propres yeux une partie de la collection de la grande bibliothèque d’Alexandrie que l’on croyait détruite ou encore la collection de Léonard De Vinci au complet avec plans originaux, récits et travaux sur la pierre philosophale. En gros, on mentait à la population pour la bonne cause. Un mensonge délibéré et si gros que personne n’osait le remettre en question.

Très jeune j’avais baigné dans le milieu de l’archéologie et des histoires d’hommes venus d’ailleurs. Mes premières lectures parlaient de ces hommes sortis de terre avec la lumière et qui vénéraient l’homme serpent et le soleil. Des histoires à dormir debout vous me direz mais quand on connait quelques faits historiques on peut vite perdre ses repères. Je me souviens d’une discussion avec une future anthropologue qui m’avait trop vite jugé. Toute vie extraterrestre pour elle n’était que pure imagination. Aucun crâne de Crystal n’existait, aucune traduction ne parlait d’espèces venues du ciel. Elle niait l’évidence et aimait se moquer de moi. Pour elle, les livres qu’elle avait lus faisaient foi. La vérité était celle enseignée et en aucun cas ne pouvait être remise en cause.

On savait maintenant que les pyramides étaient plus vieilles que ce que l’on croyait, que le sphinx lui aussi était d’une autre époque. Partout dans le monde des pyramides avaient été mises au jour mais beaucoup trop de questions étaient apparues en même temps. Certaines datations remontaient à plus de quarante mille ans. Toutes les études du vingtième siècle avaient été balayées par ces découvertes. Un grand nombre de temples sous marins avaient été cartographiés par les satellites occidentaux. Après de nombreuses fouilles, des artéfacts que nous pensions Atlante, avaient été remontés. Très peu de choses avaient été traduites et encore maintenant je n’y avais pas eu accès ; un niveau de secrets si élevé que même le président des États Unis d’Amérique ne pouvait prétendre avoir eu en sa possession quelques dossiers où archives que ce soit.

Plusieurs mois avant l’invasion de la Crimée et quelques mois avant l’attaque de la Russie en Ukraine, une info était passée complètement inaperçue, la NASA avait annoncé que la découverte de vie extraterrestre serait possible d’ici 2030. Les ufologues avaient ri a gorge déployé sur la toile. Mais pourtant certains savaient que cela allait se produire. Personne ne savait quand mais on pouvait imaginer que ce n’était plus qu’une question de mois ou d’années avant que nous sachions. De nombreux clichés commençaient à circuler et la NASA ne commentait aucune des publications. Un silence laconique qui en disait long. Des sites parodiques de la NASA pullulaient sur la toile moquant l’attitude dédaigneuse de l’agence face à toutes ces évidences. Les forums se moquaient de l’agence spatiale. Des photos détournées et des commentaires fleurissaient de jours en jours au grand dam de la maison blanche.

Quelques journalistes avaient vu venir le scoop mais n’en était qu’au début de leurs surprises. C’est un monde de gens normaux complètement fous. Fou aux yeux des néophytes mais quand on creuse un peu, des personnes sortent du lot et le peu que l’on apprend d’eux peu valoir une fortune. Mais ils étaient devenus méfiants envers les étrangers. Ils ne se confiaient plus comme avant. Certains avaient été traqués pour complot et exécutés, ce qui referma la coquille aussitôt. Parfois certains brisaient le silence pour avertir de certains évènements mais cela faisait au final le jeu des médias. Il faut faire attention car nous savons tous que l’information ne vaut rien tant qu’elle n’a pas été vérifiée.

Un grand nombre de sites montrait sous la pression bon nombre d’articles sans grande recherche sur l’évolution de la technologie et des séries de science fiction. Le meilleur exemple que je peux vous donner le startak de Motorola et les récepteurs de la série Star Trek. Ca fait encore rire les nostalgiques des années deux milles mais ce n’est pas le seul exemple qui nous vient…

« Monsieur ! Monsieur ! »

« Nous avons trouvé quelques choses »

« Suivez nous »

Je courais rejoindre Ali notre guide. Je suivais sa voix dans la pénombre. Difficilement je me frayais un chemin dans l’obscurité. Je sentais les branches, les épines griffer mon corps mais l’excitation était telle que je ne ressentais pas la douleur. L’entrée était cachée par la végétation. Passé ce mur dense nous pouvions apercevoir deux répliques du sphinx et au dessus de moi une voute ornée de hiéroglyphes, une porte en métal fermait l’ouverture. Au centre de la dalle un dessin représentant un roi nous faisait face. Je remarquais tout de suite qu’un de ses doigts était dirigé vers le haut en direction du soleil. Je sentais que nous étions proches et il ne me fallut que quelques secondes pour retirer la bague autour de mon cou et la placer sur le doigt. Le sol se mit à trembler et la dalle se leva dans un vacarme épouvantable. Une nuée de chauves souris sortit comme un seul être. Certains de mes hommes hurlèrent comme si ils avaient vu le diable en personne. Après avoir repris nos esprits un petit groupe entra à la lumière d’une simple torche de poche. L’expérience m’avait appris à contrôler mes peurs dans ce genre de situation et surtout l’excitation des découvertes futures me donnait le goût et la force d’avancer.

Il nous fallut une bonne heure pour atteindre la première pièce et deux autres heures pour prendre possession de l’étage. Une odeur pestilentielle nous agressait à chaque instant. Il était difficile d’avancer dans tous ces corridors. Un nettoyage des lieus fut requis mais il ne valait mieux ne pas regarder où l’on s’asseyait, à chaque mouvement on pouvait entendre des craquements au sol. Chacun savait ce qu’il avait à faire ; comme des fourmis qui s’affèrent dans leur fourmilière, mes hommes avaient installé le camp dans la grande salle du tombeau. Un certain nombre avait commencé à répertorier les artéfacts et pendant des heures, un va et vient de bijoux, dorures et autres objets transitaient des pièces transversales vers la salle principale. A 17h nous avions déjà recensé une centaine de jarres faites dans une matière inconnue et plusieurs kilos de parures en or et pierres précieuses.

La déception fut grande devant le bloc de granite qui servait de tombeau. Il était vide et la seule chose présente à l’intérieur était une boite en métal avec des dessins gravés sur ses faces. Moi qui pensais trouver le tombeau de Salomon je me retrouvais avec une énigme supplémentaire. Pas une trace de corps, pas même une statue pour le représenter. Et si ma découverte n’en était pas une ?

Le premier soir, nous n’avions visité qu’une infime partie du temple. Les satellites nous situaient dans un bâtiment à base carrée mais d’après les relevés nous étions à l’étage supérieur et au moins deux étages se trouvaient sous nos pieds. J’avais cherché en vain une porte, un passage mais rien ; les murs étaient désespérément scellés. D’après l’inventaire fait nous l’avions trouvé mais je cherchais encore comment descendre aux étages inférieurs. Vases, bijoux, pièces d’or mais la plus grande trouvaille fut une série de parchemins. Tous écris en vieil hébreu et traduit en Égyptien. Je n’arrivais pas à dormir, trop de stress accumulé et surtout pas envie de perdre du temps. A la lueur de mon cellulaire j’essayais de traduire le premier parchemin. Il y en avait douze mais seulement dix étaient traduisibles ; les deux derniers étant trop mal conservés. Des papyrus vieux de plusieurs milliers d’années prêts à dévoiler leurs secrets.

Tout d’un coup un bruit sourd retentit et le sol trembla. Un flash suivit de fumée envahit la salle où nous trouvions, puis des coups de feu éclatèrent. Nous avions été suivis mais par qui ? Alors que je cherchais une sortie du regard une explosion me colla au sol. Je rampais jusqu’au tombeau en évitant tant bien que mal les projectiles. L’assaut fut bref mais aucun de mes compagnons n’avait survécu. En dix minutes la zone était quadrillée d’hommes de la CIA. Entre la fumée et les lasers de leurs armes je pouvais distinguer un amas de corps. Ils ne tardèrent pas à me trouver caché derrière ce morceau de granite.

Comment fuir, comment échapper à ce qui ressemblait à une mort certaine ?

Vêtus de tenues militaires avec l’aigle brodé sur leur manche ; ils portaient tous des masques à gaz et des lunettes à visées nocturne. Un homme arriva à mon niveau et décocha un crochet du gauche dans ma direction. Déjà au sol, ma face alla s’écraser contre la pierre. Je repris mes esprits et je sentis mes membres comprimés. Ils m’avaient ligoté avec des câbles en fer. Le frottement sur ma peau me brulait à chaque mouvement. Il me mit une gifle avant de me relever. La seule chose que je savais c’est qu’ils étaient américains ; à leur accent je pouvais même deviner qu’ils étaient pour la plupart du Texas. Leur chef se présenta à moi et s’excusa pour le mauvais coup en invoquant le manque de tact et de savoir vivre de ses hommes. Ils avaient un matériel de pointe beaucoup plus perfectionné que le nôtre. En quelques minutes ils avaient cartographié l’étage et avaient trouvé le passage pour descendre. Je suivais du regard l’écran général et ce que je voyais était tout bonnement spectaculaire. J’avais devant les yeux le squelette de ce bâtiment et ce que nous ignorions en entrant, c’était sa forme originale. Ce que j’avais en face de moi était la représentation en trois dimensions d’une pyramide. Arrivé devant la porte un problème de taille se posait à nous pour entrer ; Fallait il encore trouver la serrure.

Il me détacha et me menaça de mort si je tentais de fuir.

Sur leur écran infrarouge je remarquais un point qui semblait être un trou dans le mur ; c’était en fait la serrure de la porte. Je repensais à la façon dont nous étions entrés dans le temple ; l’instant d’après je sortais la bague de sous ma chemise. Il fallait que je garde mon calme et que j’attende le moment propice pour l’ouvrir. Je faisais rouler la bague entre mes doigts en imaginant ce qu’il y avait de l’autre coté. Du moniteur je distinguais une petite pièce avec ce qui s’emblait être un passage pour le niveau inférieur. Ils ne dormaient pas ou si peu. Cela faisait deux jours que j’attendais et je me doutais bien qu’ils finiraient par trouver ce que j’avais observé.

Ils étaient surarmés et je remarquais pour chacun d’eux le drapeau de leur pays d’origine qui était tatoué sur leur avant bras. C’était donc une opération officielle. Un canadien était parmi eux mais il ne me regardait jamais ; son regard me disait quelque chose mais j’étais incapable de le remettre. J’avais beau chercher au fond de ma mémoire aucune trace récente de lui pourtant mon instinct me disait le contraire. Un peu plus tard je décidais de l’interpeler et leur chef m’infligeât un coup de crosse de fusil à la tempe. Je restais au sol une bonne heure. Assurément ils ne voulaient pas que je sache qui ils étaient mais par contre je savais pourquoi ils étaient la.

En observant l’appareil de contrôle j’avais vu une pièce cachée. Je me levais et au même moment je donnais un grand coup de pied dans le sol sableux et profitant du nuage de poussière je me jetais sur le trou. La porte s’ouvrit dans un vacarme du diable et une tonne de sable nous bouchait la vue. J’étais derrière la porte et je ne savais pas combien de temps j’allais tenir seul avec ces hommes à mes trousses dans ce dédale. Je devrais surement prendre des notes en même temps mais j’avais entrainé mon cerveau à ce genre de situation. Avec une telle mémoire photographique, il était aisé pour moi de reproduire après coup tous les détails que j’avais observés. Je me jetais sous la porte en priant pour ne pas être écrasé. Au même moment je sentais une brulure au bas du ventre.

 

Auteur: Guillaume Plain

Tous droits réservés

© Juillet 2015

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