Chapitre 4

Les Veilleurs

*

La sanction était tombée au cours d’un vote très serré. La chambre basse avait voté à l’unanimité pour l’exode alors que certains Partisans avaient modéré leur vote. Bannir autant de monde était un travail pour les Titans mais ils refusaient tous contacts avec les membres du Sénat. Quand on parle d’eux, on ne parle pas juste de force ou juste de demi-dieux, mais bien plus d’un groupe homogène d’individus capables de se transcender en un tout dévastateur, une puissance unique capable de détruire des mondes en un instant. Le Sénat sans vote avait parfois eu recours à leur pouvoir pour régler des guerres qui ne tournaient pas à son avantage. Une souveraine en avait fait les frais et fut destituée puis exécutée pour trahison. Tipa, reine de la douzième galaxie avait choisi la force destructrice aux négociations pacifiques. Deux fois, peut être trois, ils avaient du apporter la mort à des peuples dont le seul tort était de contester le pouvoir du Sénat. Trop souvent sollicités pour régler les petits conflits ou s’occuper des basses besognes de la reine, ils avaient choisi l’extérieur des douze pour vivre en paix. Cette armée, composée de Demi-Dieux avant d’être des mercenaires, avait pour habitude de ne laisser aucune place à la pitié et durant plusieurs cycles, elle fut l’armée secrète du pouvoir politique galactique. Envoyés aux quatre coins de l’univers pour faire respecter l’ordre universel, ils furent amenés à asservir des mondes entiers.

La souffrance et la douleur firent place au sang versé. Du jour au lendemain, ils déposèrent les armes et disparurent sans laisser de trace. Aucune carte ne pouvait situer l’endroit où ils s’étaient recueillis. Beaucoup de rumeurs circulaient sur le ou les systèmes qui abriteraient des colonies de Titans. Une légende hellène racontait comment, après avoir terrorisé des galaxies entières et distillé la peur au Nom de cet équilibre, les Titans firent leur Grand Retour. Un Grand Retour n’était autre qu’un retour aux sources ; pour eux un retour aux racines du mal. En connaissant les racines du mal, ils étaient à même de reconnaitre le mal commis et reconnaitre leurs erreurs devant l’universel et non en son nom. Voulant laver leurs fautes, ils se retirèrent du Monde. Le Sénat avait dépêché un grand nombre de chasseurs de primes mais aucun n’avait vécu assez longtemps pour ramener l’information jusqu’à la Chambre Haute. Rares étaient ceux qui les avaient croisés dans ce dernier cycle. Voilà comment naît une légende dans un univers chaotique. La Légende se termine par un précepte dans la vielle langue d’Éden.

 

VI SANI RAUA RA YONI

 

Le masculin et le féminin sont liés, et plus que tout, l’univers ne peut se séparer de l’un ou de l’autre. L’ancienne religion commune aux galaxies rattachées au Sénat, reconnaissait deux pouvoirs aux êtres vivants : les pouvoirs d’Akar et de Racka. On peut traduire par le pouvoir de faire ou de défaire ; entre les deux, l’univers créait. Vous ne pouvez créer sans l’aide de l’univers. En tout temps, ceux qui ont outrepassé cette loi ont sombré dans les limbes de l’univers. Les trous noirs sont là pour rappeler aux vivants que leur vie ne tient que grâce à l’équilibre de l’univers.

Que faire sans cette aide? Bon nombre de partisans ne soutenaient plus la souveraine qu’à demi mots et ne voyaient dans cette assemblée que des traîtres et des arrivistes. Lors de la fin du conflit au sein même de la chambre haute, une scission avait causé bien des soucis à l’entourage de sa majesté. La reine savait finalement vers qui se tourner. Le temps lui était compté et chaque instant de doute faisait d’elle une proie facile. Il ne restait pas beaucoup de marge de manœuvre au Sénat et à la reine pour garder la main dans ce dossier. Beaucoup voulait la tête de sa majesté au sens propre comme figuré. Loin d’être une cinquième colonne, ils avaient leurs entrées dans les salons les plus secrets du pouvoir. Personne jusqu’ici ne savait mais tous avaient des doutes. Certains, dans la confidence pendant un temps, disparaissaient du jour au lendemain ; on pouvait facilement deviner la raison de cette absence prolongée. Elle se savait épiée et savait qu’aux moindres faux pas de sa part, la partie deviendrait difficile à gagner.

En dernier recours, le sénat, par la volonté de sa majesté la reine Ouadjet, avait contacté les Djinns ; elle leur avait demandé d’escorter la flotte sur terre et de protéger les hommes d’eux-mêmes une fois sur place. Les Djinns avaient accepté à une seule condition : ils choisiraient de prendre l’apparence de leur choix, n’ayant aucun pouvoir sur terre dans leur forme de lumière. Dans l’univers, ils pouvaient se déplacer et communiquer avec n’importe quelle espèce vivante mais, en aucun cas, ne pouvait interagir physiquement avec le monde humain qui les entourait à cause du champ de force terrestre. Ils n’étaient en aucun cas capables de se déplacer une fois sur terre et surtout il leur aurait été impossible d’être visible de quiconque sauf sous forme de lumière. La discussion fut ardue et aucune des parties en présence ne lâcha du lest. La reine leurs avait promis que tous les scénarios avaient été étudiés et que les risques étaient donc limités. La situation était bien trop grave pour qu’aucune solution ne soit trouvée. À chaque instant, le balancier pouvait tourner et ils ne contrôleraient plus rien. Il fallait compter sur la malchance des uns et la chance des autres. Facteur que nous appelons le hasard, que l’univers connait sous le nom de force universelle ; ce que l’univers veut, se produit et c’est ainsi depuis la nuit des temps.

Les salons de la reine servirent de lieux de rencontres informels pour les discussions et ses bureaux pour la signature. Un endroit froid et austère qui ressemblait plus à une crypte qu’à un office de dirigeant. De hauts plafonds sombres, de longs et épais rideaux rouges qui cachaient la lumière du jour, et quelques bougies éternelles ici ou là qui donnaient un semblant de vie. Entre deux écrans holographiques trônaient de vieux livres poussiéreux. Au mur, tableaux et tentures alternaient avec de vieilles Mapps Univers 3D (cartes 3D de l’univers) où chaque partie des principales galaxies et des principaux univers était représentée. Pas moins de 1.1 milliard de galaxies et un demi million d’univers. Tous n’étaient pas habités et, en aucun cas, le Sénat n’avait pouvoir sur tout cet espace.

Le décor importait peu, seuls les décisions et les actes avaient une valeur ici. De vieux tableaux d’une autre époque ornaient les murs, souvenirs intemporels d’une dynastie depuis longtemps oubliée du monde mais encore présente dans leurs gènes. Chaque livre papier ou numérique racontait une histoire de l’univers tel qu’il existait, existe et existerait. Source d’informations des plus digne de confiance mais aussi des plus secrète, chaque détail pourrait renverser des mondes, juste en disséminant ici ou là, quelques informations qui, de secrets, deviendraient vérités.

Souveraine, elle n’en était pas moins une excellente dirigeante et une fine diplomate. Plusieurs cycles avaient forgé la diplomatie de cette partie de l’univers et elle en était la digne héritière. Depuis sa plus tendre enfance, la loi et l’ordre régissaient sa vie ; la sagesse acquise, ajoutée à ses charmes, en faisait une redoutable reine et une politicienne hors pair, mais n’y cherchez pas de justice ou de morale. L’univers ne connait pas ces lois là. Un grand nombre des traités avaient été signés grâce à elle ; dans ce cas précis, une aide extérieure fut d’une grande utilité. Les tractations furent difficiles mais le représentant du sénat avait su être persuasif et leurs arguments avaient été décisifs dans la signature du pacte. Plus d’un mois de négociations dans le seul but d’assurer la paix et les protéger.

Les Djinns n’avaient pas de chef et encore moins d’assemblée ; ils communiquaient et se déplaçaient grâce à l’éther, essence même de toute vie dans l’univers. Sans cette substance, aucune règle n’existerait dans ce grand tout cosmique. On ne pouvait les contrôler, encore moins les forcer, ni leurs imposer quelques ordres ou lois. Seul l’univers dicte sa loi. Les avoir comme alliés était forcement un plus, mais jamais ils n’interfèreraient dans un conflit qui ne les concernait pas. Ils maîtrisaient le temps, la lumière et surtout l’espace. Ils pouvaient voyager dans différents plans en même temps. Aucune loi d’aucun être vivant ne les concernait. Si on devait représenter la sagesse, alors la lumière serait la plus belle image.

La reine mit à leur disposition la population des géants d’Hankii. Convaincre les Géants fut plus facile ; Cyclope, un de leur chef, aimait les défis et encore plus les batailles. On le surnommait ainsi parce qu’il avait perdu deux yeux pendant la Guerre des 7 Lunes et que sur les trois, il lui restait l’œil central au milieu du front. On aurait pu dire de lui qu’il lui restait le troisième œil, celui de la sagesse, mais dans son cas, il n’en était rien. Haut de plus de six mètres, d’une force surhumaine et doué d’une intelligence proche des sages, les géants seraient les hôtes les plus aptes à pouvoir supporter leur énergie. Un front large, une ossature robuste et un buste massif, voilà ce qui faisait d’eux de parfaits guerriers mais aussi de parfaits stratèges. La nature ne connaissait pas d’autres êtres vivants capables d’une telle force et d’un tel niveau d’intelligence. Tout les différenciait, jusqu’à leur ADN mais la compatibilité était due surtout à l’évolution de leur cerveau. Une évolution distincte mais si proche en réalité. L’une de ces civilisations a évolué sur une longue période, l’autre grâce à leur physique imposant et au développement de leur crâne. Le volume parfait pour une évolution rapide et efficace.

Ouadjet fit réunir les chefs des Hankiis ainsi que le président du sénat et le pacte fut scellé. Orion qui était le chef suprême des Hankiis fut nommé au poste de Général des troupes du Sénat et put donc, par la même occasion, accompagner diplomatiquement le convoi afin d’assurer sa sécurité. Son bras droit, Cyclope, serait, quant à lui, dans le convoi de queue afin de garder des troupes en arrière. Elle les fit venir de leur planète dans son monde et les Djinns prirent possession de leurs hôtes. Il leur fallut un certain temps d’adaptation mais le résultat fut surprenant. Capables de communiquer sans la parole, ils pouvaient déplacer les objets par la pensée. Leur force était colossale à mains nues ; cela en faisait des guerriers aussi forts que sages. Ils furent divisés en trois groupes distincts : un dans l’arche, l’autre envoyé bien avant pour préparer la terre à cette nouvelle population et celui de Cyclope. Les veilleurs étaient très nombreux, plusieurs centaines de milliers de têtes mais avec ce nombre c’était surtout une force tranquille capable de déplacer des montagnes ou d’ouvrir des océans par la seule force de l’esprit.

Grace à la technologie des portes du temps il était facile de se déplacer dans chacun des univers existant. Une porte sur la planète et une dans un vaisseau. L’univers permettait les voyages sur de longues distances et dans le temps, que ce soit vers le futur ou le passé. Une seule règle ne pouvait être enfreinte de par la composition même de l’univers ; vous ne pouvez pas vous déplacer d’un même point sur un plan fixe, et comme nous traversons le temps, l’univers a trouvé une parade pour empêcher toutes tentatives, les trous noirs. A chaque tentative de voyage dans le temps d’un même endroit dans une galaxie, celle ci s’est vue engloutie dans un trou noir. Autre point crucial, la vitesse de déplacement calculée pour avoir la bonne date au point précis désiré.

Orion était né d’une lignée de chasseurs de primes tous plus terrifiants les uns que les autres. Huit mètres sans compter son immense crinière, un colosse avec un grand cœur ; guerrier sanguinaire mais juste où les valeurs de la famille et de l’ordre régissaient sa vie chaque jour. Deux de ses yeux étaient d’un bleu océan et le troisième d’un orange vif ce qui le rendait encore plus monstrueux qu’il ne l’était vraiment. Si le mot pieux existait dans sa langue alors il serait plus qu’un saint. D’une famille pauvre devenue fermiers puis chasseurs ; quand la grande guerre commença, plusieurs générations partirent combattre sur les champs de batailles. Un cycle de guerres ne fit pas disparaitre sa lignée, bien au contraire. Devenu chasseur de primes du Sénat pour service rendu après la capitulation du complexe minier. Il défendait avec force et courage son rang. Son grand père, avant lui, avait tenu le siège de Véga et repris la planète Valunic des mains des Messéniens. Il atteignit le plus haut rang en ne déviant jamais de ses principes. Il n’avait pas encore de lignée mais il savait qu’après cette balade qui n’aurait rien d’une balade de santé, il pourrait se retirer, fonder une famille et profiter du statut qui est le sien. Longtemps en guerre contre le Dieu serpent, il avait choisi la stabilité au sang et dans un élan de sagesse mit fin au conflit. Un grand chef était né ce jour la.

Il y a déjà plusieurs millions d’années un certain nombre de sages travaillèrent sur le mental et l’énergie du cerveau. Des années de recherches dédiées au seul organe qu’est le cerveau. Ils pensaient qu’au delà de dix neuf pour cent d’évolution du cortex cérébral, le cerveau était capable de miracle. Que dire s’il atteignait cent pour cent. Toutes leurs recherches allaient dans ce sens. Mais que penser de leurs études sur l’âme et l’énergie liée au cerveau. Un travail titanesque mais ils y arrivèrent. Leur génération était prête. Les connecteurs universels prenaient leur essence dans l’univers. L’éther, mère de toute vie et ange de toute mort, est relié à l’âme via l’ADN de chaque être vivant dans l’univers et permet de rester à un niveau de conscience entre plusieurs plans réels. Vingt et un grammes d’énergie pure ainsi développée, qui parviennent à garder la flamme de la vie ; c’est dans ce sens que leurs recherches allaient les mener à d’autres découvertes plus terrifiantes encore. L’homme était le fruit de plusieurs évolutions et depuis toujours, les évolutions étaient suivies de régressions. Plusieurs fois dans le dernier cycle, l’homme avait perdu ses capacités cognitives et physiques. Cette fois, il serait le dernier maillon de cette chaine universelle qu’est la vie. Trop longtemps la race humaine avait été en conflit avec elle même ; enfin elle allait pouvoir faire la paix avec le cycle éternel.

Cet ainsi que les sages devinrent les Djinns, êtres de lumière capables de communiquer entre les dimensions et sur de grandes distances. Ils avaient de nombreux pouvoir mais très peu les utilisaient, de peur d’être bannis et de reprendre apparence humaine. Un code très strict existait.

« Nous, dans un tout indivisible, nous jurons de faire respecter la décision du Conseil. Vous, humains, êtes maintenant prisonniers de la planète bleue. Nous avons promis de servir et d’honorer la mémoire des sages. En conséquence de quoi, il vous est interdit de lire, écrire et se réunir. Tout manquement à ces règles sera puni de la peine de mort. Aucun trouble ne doit être organisé de façon préméditée. Vous serez dispersés sur les 7 continents et nous, les veilleurs, ne ferons qu’appliquer la loi. Un grand architecte par ethnie représentera la population et lui seul sera autorisé à communiquer avec nous. Vous devrez miner chaque jour et aucun répit ne vous sera accordé. En échange de quoi, vous serez nourris, logés et soignés. Considérez-vous chanceux de vivre, pauvres hommes. »

Ils avaient ordre de protéger avant tout les premiers hommes mais cet ordre n’avait pas été divulgué lors des sessions au sénat. Par premiers hommes, ils ne voulaient pas dire les Sumériens ou les Edeniens, mais bel et bien les Olympiens. Un secret vieux de plusieurs millions d’années dont seule une poignée de sages avait connaissance de son existence. Ce secret aurait l’effet d’une bombe s’il était connu des chefs de tribus, remettant en cause leurs croyances et leurs hiérarchies. Quand les sages prirent conscience de leurs pouvoirs, ils choisirent de s’élever et une fois la chose faite, le sénat édenien bannit les premiers hommes ; c’est comme ça qu’était née la légende. Ils n’avaient pas fui, ils avaient été déportés. Or, comment les reconnaitre, comment savoir qui protéger ? Même la reine et le Sénat l’ignoraient. Seuls devant le grand temple, ils sauraient. Impossible pour quiconque de prédire ce qui allait se passer. Les premiers hommes savaient qui ils étaient mais préfèreraient se sacrifier plutôt que de voir tous ces secrets révélés.

Sur terre, peu de temps après le dernier cataclysme, un peuple de nomades et de voleurs s’installa non loin du grand lac. Ils commencèrent par voler les reliques des pèlerins puis certaines tables sacrées et enfin ils prirent le contrôle de l’or. Ils mélangèrent leur vieille croyance avec celles des peuples pillés. Un mélange de magie et de médecine. Personne ne savait d’où ils tenaient réellement leurs pouvoirs mais ils étaient nombreux à les craindre. Ils se comportaient comme des animaux, violaient les femmes, enlevaient les enfants de leurs victimes et en faisaient des esclaves. Ils prenaient un malin plaisir à sacrifier dans la Maison, au nom de leur dieu aux cornes de bouc, des nouveaux nés. En moins de mille ans, ils s’introduisirent dans toutes les strates de la population et de la société et le moment venu dirigeraient cette civilisation. De là-haut, les élus laissèrent faire, convaincus du peu de crédibilité de ces nomades mais au fil des siècles, ils avaient pris une telle importance que les dénigrer eut été une erreur stratégique fondamentale.

Les sénateurs ainsi que la reine avaient eu connaissance du cataclysme et avaient été dépêchés sur place des veilleurs pour voir l’étendue des dégâts. Un rapport précis des survivants et de leur niveau technologique fut dressé et envoyé au Sénat. L’emplacement des poches de vie, leur nombre, leur culture, tout fut répertorié. Les rares survivants furent déportés sur des terres émergentes non loin de l’équateur. Ils prirent ce changement soudain pour une simple régression ce qui arrangeait bien les affaires du Sénat et celles des architectes. La reine avait ordonné au Sénat la mise en quarantaine de ce treizième soleil ; ce qui contribuerait au bon déroulement des plans de cette élite corrompue qui faisait d’eux, pour un temps seulement, les maîtres du monde. Pendant plusieurs millénaires, les Djinns ne seraient que légende mais le moment venu, ils préviendraient le Sénat et sauveraient ce peuple de leurs geôliers.

Ils sont les gardiens de la connaissance de l’univers et tant qu’ils vivront, le Sénat sait que la menace est loin. Un long périple les attend mais nul n’est à même de deviner ce qu’il se passerait, une fois là-bas. Le sénat avait négligé la part de risque du survol des peuples moins avancés ; sans compter sur l’intelligence de cette race et sa facilité à s’adapter. La mauvaise herbe avait su devenir intelligente et se propager. Le Dieu Serpent en savait quelque chose, trop de fois dupé par la fécondité humaine et sa rapidité à se multiplier.

Les rats avaient été introduits sur terre après le Grand Départ ; ils étaient là pour empêcher tout être humain de revenir s’installer sur cette planète. Ils avaient, en moins de temps que l’homme, parcouru le tour de la terre et infesté chaque continent. Dès lors, les hommes ne pourraient conquérir la planète sans un ennemi de taille. Un carnivore si affamé qu’il peut manger cinq cent fois son poids par jour et se multiplie à raison d’une couche toutes les cinq semaines. Les humains, même laissés à l’abandon sur certains continents, seraient capables de survivre et surtout de se multiplier ; certains membres du Sénat et la Reine savaient qu’un petit nombre survivrait.

Avec le temps, une chose étonnante arriva : les rats dominant la chaine alimentaire pendant un cycle régressèrent on ne sait comment. En moins d’un millénaire, ils passèrent d’animal féroce de trois mètres de long et un de haut à un petit rongeur tout aussi affamé mais qui n’était plus le maître de l’évolution. Le rat était lié à l’homme car là où il serait, le rat le suivrait mais plus jamais cette monstrueuse créature ne ferait régner la terreur sur terre. Première mission pour nos éclaireurs, nettoyer les zones de transit, ce qui semblait facile à première vue. Quand ils comprirent que les seuls monstres encore en vie sur terre n’empêcheraient pas la survie des nouveaux arrivants, ils décidèrent de les épargner. De plus, les cycles de la planète bleue étaient si imprévisibles que rares étaient les espèces qui survivaient plus d’un cycle. Les mines de nycodion et d’eradium furent fermées et réduites en liquide. Il serait impossible pour l’homme d’utiliser ces métaux dans leur forme originelle ; devenus visqueux et nocifs, tout avait été pensé pour empêcher l’homme de revenir à un degré de technologie supérieur. Sans ces métaux, ils seraient incapables de conquérir l’éther et donc l’espace. Le carbonium, lui, serait extrait avant leur arrivée et ce qui resterait serait caché si profond de la vue de l’homme qu’il faudrait creuser dix mille ans pour le détecter.

Personne n’avait été capable de prédire les premiers évènements qui mirent le feu aux poudres. Un brasier était allumé mais personne ne pourrait dire quand les flammes se propageront et si elles empêcheront les Djinns de mener à bien leurs missions. La traversée sera longue et l’univers a plus d’un tour dans son sac pour faire mentir tel prophète ou tel médium. Ce qui n’arrive pas ici ne signifie pas que dans un autre univers cela ne se produit pas mais ici, point de juste, seul l’ordre originel compte et cela depuis la nuit des temps.

Auteur: Guillaume Plain

Tous droits réservés

© Avril 2016

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