Chapitre 4

Les Veilleurs

*

La sanction était tombée au cours d’un vote très serré. La chambre basse avait voté à l’unanimité pour l’exode alors que certains Partisans avaient modéré leur vote. Bannir autant de monde était un travail pour les Titans mais ils refusaient tous contacts avec les membres du Sénat. Quand on parle d’eux, on ne parle pas juste de force ou juste de demi-dieux, mais bien plus d’un groupe homogène d’individus capables de se transcender en un tout dévastateur, une puissance unique capable de détruire des mondes en un instant. Le Sénat sans vote avait parfois eu recours à leur pouvoir pour régler des guerres qui ne tournaient pas à son avantage. Une souveraine en avait fait les frais et fut destituée puis exécutée pour trahison. Tipa, reine de la douzième galaxie avait choisi la force destructrice aux négociations pacifiques. Deux fois, peut être trois, ils avaient du apporter la mort à des peuples dont le seul tort était de contester le pouvoir du Sénat. Trop souvent sollicités pour régler les petits conflits ou s’occuper des basses besognes de la reine, ils avaient choisi l’extérieur des douze pour vivre en paix. Cette armée, composée de Demi-Dieux avant d’être des mercenaires, avait pour habitude de ne laisser aucune place à la pitié et durant plusieurs cycles, elle fut l’armée secrète du pouvoir politique galactique. Envoyés aux quatre coins de l’univers pour faire respecter l’ordre universel, ils furent amenés à asservir des mondes entiers.

La souffrance et la douleur firent place au sang versé. Du jour au lendemain, ils déposèrent les armes et disparurent sans laisser de trace. Aucune carte ne pouvait situer l’endroit où ils s’étaient recueillis. Beaucoup de rumeurs circulaient sur le ou les systèmes qui abriteraient des colonies de Titans. Une légende hellène racontait comment, après avoir terrorisé des galaxies entières et distillé la peur au Nom de cet équilibre, les Titans firent leur Grand Retour. Un Grand Retour n’était autre qu’un retour aux sources ; pour eux un retour aux racines du mal. En connaissant les racines du mal, ils étaient à même de reconnaitre le mal commis et reconnaitre leurs erreurs devant l’universel et non en son nom. Voulant laver leurs fautes, ils se retirèrent du Monde. Le Sénat avait dépêché un grand nombre de chasseurs de primes mais aucun n’avait vécu assez longtemps pour ramener l’information jusqu’à la Chambre Haute. Rares étaient ceux qui les avaient croisés dans ce dernier cycle. Voilà comment naît une légende dans un univers chaotique. La Légende se termine par un précepte dans la vielle langue d’Éden.

 

VI SANI RAUA RA YONI

 

Le masculin et le féminin sont liés, et plus que tout, l’univers ne peut se séparer de l’un ou de l’autre. L’ancienne religion commune aux galaxies rattachées au Sénat, reconnaissait deux pouvoirs aux êtres vivants : les pouvoirs d’Akar et de Racka. On peut traduire par le pouvoir de faire ou de défaire ; entre les deux, l’univers créait. Vous ne pouvez créer sans l’aide de l’univers. En tout temps, ceux qui ont outrepassé cette loi ont sombré dans les limbes de l’univers. Les trous noirs sont là pour rappeler aux vivants que leur vie ne tient que grâce à l’équilibre de l’univers.

Que faire sans cette aide? Bon nombre de partisans ne soutenaient plus la souveraine qu’à demi mots et ne voyaient dans cette assemblée que des traîtres et des arrivistes. Lors de la fin du conflit au sein même de la chambre haute, une scission avait causé bien des soucis à l’entourage de sa majesté. La reine savait finalement vers qui se tourner. Le temps lui était compté et chaque instant de doute faisait d’elle une proie facile. Il ne restait pas beaucoup de marge de manœuvre au Sénat et à la reine pour garder la main dans ce dossier. Beaucoup voulait la tête de sa majesté au sens propre comme figuré. Loin d’être une cinquième colonne, ils avaient leurs entrées dans les salons les plus secrets du pouvoir. Personne jusqu’ici ne savait mais tous avaient des doutes. Certains, dans la confidence pendant un temps, disparaissaient du jour au lendemain ; on pouvait facilement deviner la raison de cette absence prolongée. Elle se savait épiée et savait qu’aux moindres faux pas de sa part, la partie deviendrait difficile à gagner.

En dernier recours, le sénat, par la volonté de sa majesté la reine Ouadjet, avait contacté les Djinns ; elle leur avait demandé d’escorter la flotte sur terre et de protéger les hommes d’eux-mêmes une fois sur place. Les Djinns avaient accepté à une seule condition : ils choisiraient de prendre l’apparence de leur choix, n’ayant aucun pouvoir sur terre dans leur forme de lumière. Dans l’univers, ils pouvaient se déplacer et communiquer avec n’importe quelle espèce vivante mais, en aucun cas, ne pouvait interagir physiquement avec le monde humain qui les entourait à cause du champ de force terrestre. Ils n’étaient en aucun cas capables de se déplacer une fois sur terre et surtout il leur aurait été impossible d’être visible de quiconque sauf sous forme de lumière. La discussion fut ardue et aucune des parties en présence ne lâcha du lest. La reine leurs avait promis que tous les scénarios avaient été étudiés et que les risques étaient donc limités. La situation était bien trop grave pour qu’aucune solution ne soit trouvée. À chaque instant, le balancier pouvait tourner et ils ne contrôleraient plus rien. Il fallait compter sur la malchance des uns et la chance des autres. Facteur que nous appelons le hasard, que l’univers connait sous le nom de force universelle ; ce que l’univers veut, se produit et c’est ainsi depuis la nuit des temps.

Les salons de la reine servirent de lieux de rencontres informels pour les discussions et ses bureaux pour la signature. Un endroit froid et austère qui ressemblait plus à une crypte qu’à un office de dirigeant. De hauts plafonds sombres, de longs et épais rideaux rouges qui cachaient la lumière du jour, et quelques bougies éternelles ici ou là qui donnaient un semblant de vie. Entre deux écrans holographiques trônaient de vieux livres poussiéreux. Au mur, tableaux et tentures alternaient avec de vieilles Mapps Univers 3D (cartes 3D de l’univers) où chaque partie des principales galaxies et des principaux univers était représentée. Pas moins de 1.1 milliard de galaxies et un demi million d’univers. Tous n’étaient pas habités et, en aucun cas, le Sénat n’avait pouvoir sur tout cet espace.

Le décor importait peu, seuls les décisions et les actes avaient une valeur ici. De vieux tableaux d’une autre époque ornaient les murs, souvenirs intemporels d’une dynastie depuis longtemps oubliée du monde mais encore présente dans leurs gènes. Chaque livre papier ou numérique racontait une histoire de l’univers tel qu’il existait, existe et existerait. Source d’informations des plus digne de confiance mais aussi des plus secrète, chaque détail pourrait renverser des mondes, juste en disséminant ici ou là, quelques informations qui, de secrets, deviendraient vérités.

Souveraine, elle n’en était pas moins une excellente dirigeante et une fine diplomate. Plusieurs cycles avaient forgé la diplomatie de cette partie de l’univers et elle en était la digne héritière. Depuis sa plus tendre enfance, la loi et l’ordre régissaient sa vie ; la sagesse acquise, ajoutée à ses charmes, en faisait une redoutable reine et une politicienne hors pair, mais n’y cherchez pas de justice ou de morale. L’univers ne connait pas ces lois là. Un grand nombre des traités avaient été signés grâce à elle ; dans ce cas précis, une aide extérieure fut d’une grande utilité. Les tractations furent difficiles mais le représentant du sénat avait su être persuasif et leurs arguments avaient été décisifs dans la signature du pacte. Plus d’un mois de négociations dans le seul but d’assurer la paix et les protéger.

Les Djinns n’avaient pas de chef et encore moins d’assemblée ; ils communiquaient et se déplaçaient grâce à l’éther, essence même de toute vie dans l’univers. Sans cette substance, aucune règle n’existerait dans ce grand tout cosmique. On ne pouvait les contrôler, encore moins les forcer, ni leurs imposer quelques ordres ou lois. Seul l’univers dicte sa loi. Les avoir comme alliés était forcement un plus, mais jamais ils n’interfèreraient dans un conflit qui ne les concernait pas. Ils maîtrisaient le temps, la lumière et surtout l’espace. Ils pouvaient voyager dans différents plans en même temps. Aucune loi d’aucun être vivant ne les concernait. Si on devait représenter la sagesse, alors la lumière serait la plus belle image.

La reine mit à leur disposition la population des géants d’Hankii. Convaincre les Géants fut plus facile ; Cyclope, un de leur chef, aimait les défis et encore plus les batailles. On le surnommait ainsi parce qu’il avait perdu deux yeux pendant la Guerre des 7 Lunes et que sur les trois, il lui restait l’œil central au milieu du front. On aurait pu dire de lui qu’il lui restait le troisième œil, celui de la sagesse, mais dans son cas, il n’en était rien. Haut de plus de six mètres, d’une force surhumaine et doué d’une intelligence proche des sages, les géants seraient les hôtes les plus aptes à pouvoir supporter leur énergie. Un front large, une ossature robuste et un buste massif, voilà ce qui faisait d’eux de parfaits guerriers mais aussi de parfaits stratèges. La nature ne connaissait pas d’autres êtres vivants capables d’une telle force et d’un tel niveau d’intelligence. Tout les différenciait, jusqu’à leur ADN mais la compatibilité était due surtout à l’évolution de leur cerveau. Une évolution distincte mais si proche en réalité. L’une de ces civilisations a évolué sur une longue période, l’autre grâce à leur physique imposant et au développement de leur crâne. Le volume parfait pour une évolution rapide et efficace.

Ouadjet fit réunir les chefs des Hankiis ainsi que le président du sénat et le pacte fut scellé. Orion qui était le chef suprême des Hankiis fut nommé au poste de Général des troupes du Sénat et put donc, par la même occasion, accompagner diplomatiquement le convoi afin d’assurer sa sécurité. Son bras droit, Cyclope, serait, quant à lui, dans le convoi de queue afin de garder des troupes en arrière. Elle les fit venir de leur planète dans son monde et les Djinns prirent possession de leurs hôtes. Il leur fallut un certain temps d’adaptation mais le résultat fut surprenant. Capables de communiquer sans la parole, ils pouvaient déplacer les objets par la pensée. Leur force était colossale à mains nues ; cela en faisait des guerriers aussi forts que sages. Ils furent divisés en trois groupes distincts : un dans l’arche, l’autre envoyé bien avant pour préparer la terre à cette nouvelle population et celui de Cyclope. Les veilleurs étaient très nombreux, plusieurs centaines de milliers de têtes mais avec ce nombre c’était surtout une force tranquille capable de déplacer des montagnes ou d’ouvrir des océans par la seule force de l’esprit.

Grace à la technologie des portes du temps il était facile de se déplacer dans chacun des univers existant. Une porte sur la planète et une dans un vaisseau. L’univers permettait les voyages sur de longues distances et dans le temps, que ce soit vers le futur ou le passé. Une seule règle ne pouvait être enfreinte de par la composition même de l’univers ; vous ne pouvez pas vous déplacer d’un même point sur un plan fixe, et comme nous traversons le temps, l’univers a trouvé une parade pour empêcher toutes tentatives, les trous noirs. A chaque tentative de voyage dans le temps d’un même endroit dans une galaxie, celle ci s’est vue engloutie dans un trou noir. Autre point crucial, la vitesse de déplacement calculée pour avoir la bonne date au point précis désiré.

Orion était né d’une lignée de chasseurs de primes tous plus terrifiants les uns que les autres. Huit mètres sans compter son immense crinière, un colosse avec un grand cœur ; guerrier sanguinaire mais juste où les valeurs de la famille et de l’ordre régissaient sa vie chaque jour. Deux de ses yeux étaient d’un bleu océan et le troisième d’un orange vif ce qui le rendait encore plus monstrueux qu’il ne l’était vraiment. Si le mot pieux existait dans sa langue alors il serait plus qu’un saint. D’une famille pauvre devenue fermiers puis chasseurs ; quand la grande guerre commença, plusieurs générations partirent combattre sur les champs de batailles. Un cycle de guerres ne fit pas disparaitre sa lignée, bien au contraire. Devenu chasseur de primes du Sénat pour service rendu après la capitulation du complexe minier. Il défendait avec force et courage son rang. Son grand père, avant lui, avait tenu le siège de Véga et repris la planète Valunic des mains des Messéniens. Il atteignit le plus haut rang en ne déviant jamais de ses principes. Il n’avait pas encore de lignée mais il savait qu’après cette balade qui n’aurait rien d’une balade de santé, il pourrait se retirer, fonder une famille et profiter du statut qui est le sien. Longtemps en guerre contre le Dieu serpent, il avait choisi la stabilité au sang et dans un élan de sagesse mit fin au conflit. Un grand chef était né ce jour la.

Il y a déjà plusieurs millions d’années un certain nombre de sages travaillèrent sur le mental et l’énergie du cerveau. Des années de recherches dédiées au seul organe qu’est le cerveau. Ils pensaient qu’au delà de dix neuf pour cent d’évolution du cortex cérébral, le cerveau était capable de miracle. Que dire s’il atteignait cent pour cent. Toutes leurs recherches allaient dans ce sens. Mais que penser de leurs études sur l’âme et l’énergie liée au cerveau. Un travail titanesque mais ils y arrivèrent. Leur génération était prête. Les connecteurs universels prenaient leur essence dans l’univers. L’éther, mère de toute vie et ange de toute mort, est relié à l’âme via l’ADN de chaque être vivant dans l’univers et permet de rester à un niveau de conscience entre plusieurs plans réels. Vingt et un grammes d’énergie pure ainsi développée, qui parviennent à garder la flamme de la vie ; c’est dans ce sens que leurs recherches allaient les mener à d’autres découvertes plus terrifiantes encore. L’homme était le fruit de plusieurs évolutions et depuis toujours, les évolutions étaient suivies de régressions. Plusieurs fois dans le dernier cycle, l’homme avait perdu ses capacités cognitives et physiques. Cette fois, il serait le dernier maillon de cette chaine universelle qu’est la vie. Trop longtemps la race humaine avait été en conflit avec elle même ; enfin elle allait pouvoir faire la paix avec le cycle éternel.

Cet ainsi que les sages devinrent les Djinns, êtres de lumière capables de communiquer entre les dimensions et sur de grandes distances. Ils avaient de nombreux pouvoir mais très peu les utilisaient, de peur d’être bannis et de reprendre apparence humaine. Un code très strict existait.

« Nous, dans un tout indivisible, nous jurons de faire respecter la décision du Conseil. Vous, humains, êtes maintenant prisonniers de la planète bleue. Nous avons promis de servir et d’honorer la mémoire des sages. En conséquence de quoi, il vous est interdit de lire, écrire et se réunir. Tout manquement à ces règles sera puni de la peine de mort. Aucun trouble ne doit être organisé de façon préméditée. Vous serez dispersés sur les 7 continents et nous, les veilleurs, ne ferons qu’appliquer la loi. Un grand architecte par ethnie représentera la population et lui seul sera autorisé à communiquer avec nous. Vous devrez miner chaque jour et aucun répit ne vous sera accordé. En échange de quoi, vous serez nourris, logés et soignés. Considérez-vous chanceux de vivre, pauvres hommes. »

Ils avaient ordre de protéger avant tout les premiers hommes mais cet ordre n’avait pas été divulgué lors des sessions au sénat. Par premiers hommes, ils ne voulaient pas dire les Sumériens ou les Edeniens, mais bel et bien les Olympiens. Un secret vieux de plusieurs millions d’années dont seule une poignée de sages avait connaissance de son existence. Ce secret aurait l’effet d’une bombe s’il était connu des chefs de tribus, remettant en cause leurs croyances et leurs hiérarchies. Quand les sages prirent conscience de leurs pouvoirs, ils choisirent de s’élever et une fois la chose faite, le sénat édenien bannit les premiers hommes ; c’est comme ça qu’était née la légende. Ils n’avaient pas fui, ils avaient été déportés. Or, comment les reconnaitre, comment savoir qui protéger ? Même la reine et le Sénat l’ignoraient. Seuls devant le grand temple, ils sauraient. Impossible pour quiconque de prédire ce qui allait se passer. Les premiers hommes savaient qui ils étaient mais préfèreraient se sacrifier plutôt que de voir tous ces secrets révélés.

Sur terre, peu de temps après le dernier cataclysme, un peuple de nomades et de voleurs s’installa non loin du grand lac. Ils commencèrent par voler les reliques des pèlerins puis certaines tables sacrées et enfin ils prirent le contrôle de l’or. Ils mélangèrent leur vieille croyance avec celles des peuples pillés. Un mélange de magie et de médecine. Personne ne savait d’où ils tenaient réellement leurs pouvoirs mais ils étaient nombreux à les craindre. Ils se comportaient comme des animaux, violaient les femmes, enlevaient les enfants de leurs victimes et en faisaient des esclaves. Ils prenaient un malin plaisir à sacrifier dans la Maison, au nom de leur dieu aux cornes de bouc, des nouveaux nés. En moins de mille ans, ils s’introduisirent dans toutes les strates de la population et de la société et le moment venu dirigeraient cette civilisation. De là-haut, les élus laissèrent faire, convaincus du peu de crédibilité de ces nomades mais au fil des siècles, ils avaient pris une telle importance que les dénigrer eut été une erreur stratégique fondamentale.

Les sénateurs ainsi que la reine avaient eu connaissance du cataclysme et avaient été dépêchés sur place des veilleurs pour voir l’étendue des dégâts. Un rapport précis des survivants et de leur niveau technologique fut dressé et envoyé au Sénat. L’emplacement des poches de vie, leur nombre, leur culture, tout fut répertorié. Les rares survivants furent déportés sur des terres émergentes non loin de l’équateur. Ils prirent ce changement soudain pour une simple régression ce qui arrangeait bien les affaires du Sénat et celles des architectes. La reine avait ordonné au Sénat la mise en quarantaine de ce treizième soleil ; ce qui contribuerait au bon déroulement des plans de cette élite corrompue qui faisait d’eux, pour un temps seulement, les maîtres du monde. Pendant plusieurs millénaires, les Djinns ne seraient que légende mais le moment venu, ils préviendraient le Sénat et sauveraient ce peuple de leurs geôliers.

Ils sont les gardiens de la connaissance de l’univers et tant qu’ils vivront, le Sénat sait que la menace est loin. Un long périple les attend mais nul n’est à même de deviner ce qu’il se passerait, une fois là-bas. Le sénat avait négligé la part de risque du survol des peuples moins avancés ; sans compter sur l’intelligence de cette race et sa facilité à s’adapter. La mauvaise herbe avait su devenir intelligente et se propager. Le Dieu Serpent en savait quelque chose, trop de fois dupé par la fécondité humaine et sa rapidité à se multiplier.

Les rats avaient été introduits sur terre après le Grand Départ ; ils étaient là pour empêcher tout être humain de revenir s’installer sur cette planète. Ils avaient, en moins de temps que l’homme, parcouru le tour de la terre et infesté chaque continent. Dès lors, les hommes ne pourraient conquérir la planète sans un ennemi de taille. Un carnivore si affamé qu’il peut manger cinq cent fois son poids par jour et se multiplie à raison d’une couche toutes les cinq semaines. Les humains, même laissés à l’abandon sur certains continents, seraient capables de survivre et surtout de se multiplier ; certains membres du Sénat et la Reine savaient qu’un petit nombre survivrait.

Avec le temps, une chose étonnante arriva : les rats dominant la chaine alimentaire pendant un cycle régressèrent on ne sait comment. En moins d’un millénaire, ils passèrent d’animal féroce de trois mètres de long et un de haut à un petit rongeur tout aussi affamé mais qui n’était plus le maître de l’évolution. Le rat était lié à l’homme car là où il serait, le rat le suivrait mais plus jamais cette monstrueuse créature ne ferait régner la terreur sur terre. Première mission pour nos éclaireurs, nettoyer les zones de transit, ce qui semblait facile à première vue. Quand ils comprirent que les seuls monstres encore en vie sur terre n’empêcheraient pas la survie des nouveaux arrivants, ils décidèrent de les épargner. De plus, les cycles de la planète bleue étaient si imprévisibles que rares étaient les espèces qui survivaient plus d’un cycle. Les mines de nycodion et d’eradium furent fermées et réduites en liquide. Il serait impossible pour l’homme d’utiliser ces métaux dans leur forme originelle ; devenus visqueux et nocifs, tout avait été pensé pour empêcher l’homme de revenir à un degré de technologie supérieur. Sans ces métaux, ils seraient incapables de conquérir l’éther et donc l’espace. Le carbonium, lui, serait extrait avant leur arrivée et ce qui resterait serait caché si profond de la vue de l’homme qu’il faudrait creuser dix mille ans pour le détecter.

Personne n’avait été capable de prédire les premiers évènements qui mirent le feu aux poudres. Un brasier était allumé mais personne ne pourrait dire quand les flammes se propageront et si elles empêcheront les Djinns de mener à bien leurs missions. La traversée sera longue et l’univers a plus d’un tour dans son sac pour faire mentir tel prophète ou tel médium. Ce qui n’arrive pas ici ne signifie pas que dans un autre univers cela ne se produit pas mais ici, point de juste, seul l’ordre originel compte et cela depuis la nuit des temps.

Auteur: Guillaume Plain

Tous droits réservés

© Avril 2016

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Chapitre 3

Les Vestiges

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         Pour comprendre cette violence il faut remonter au mal. Quand il a décidé de bouger ses pions, qu’il a choisi de déclarer la guerre, personne n’y croyait. Je me souviens de mes cours d’histoire. Trop souvent cette phrase, l’histoire se répète. Je ne pouvais enlever cette phrase de ma tête.

La Pologne, 1939, les chars russes… l’histoire s’est répétée une seconde fois. L’OTAN n’a eu que peu de temps pour riposter. Il était trop tard : en deux mois les chars de Poutine étaient aux portes de Paris. Hollande avait pris l’avion pour Londres pensant être à l’abri mais le gouvernement britannique avait tout prévu. Les grands d’Europe qui n’avaient pas fui vers l’Amérique du nord avaient été arrêtés puis déportés en Russie. La seule chose qu’ils ne purent prévoir c’est l’explosion de l’avion Français en plein vol. Sans personne à sa tête l’anarchie régna jusqu’a ce que les russes envahissent la France. Ce fut un mois des plus sanglants depuis la révolution française. Des français tuaient leurs frères et violaient leurs soeurs ; des familles entières décimées en si peu de temps. Un génocide orchestré de l’intérieur pour faire émerger le pire de chacun d’entre nous. Les russes n’eurent qu’a faire le ménage dans les grandes villes ; pour les campagnes les alliés utilisèrent la politique du pire au nom de leur nouveau monde et pour contrer l’armée russe.

Un gouvernement d’urgence avait été créé mais la rapidité et la force de frappe des assaillants avaient surpris tout le monde. Des villes entière rasées en quelques minutes. Les journalistes présents en Ukraine montraient l’horreur de la guerre. En quelques jours il n’y avait plus personne pour suivre le conflit. La politique du pire avait commencé.

A ce moment là, j’étais en Égypte. Les Égyptiens venaient de voter et les tensions étaient encore visibles. Je descendais le long du fleuve avec mon guide et une armée de mercenaires sous un soleil de plomb. Il n’avait pas plu depuis des semaines. Le niveau du fleuve était des plus bas. Nous avions passé les trois derniers jours à nous battre contre des rebelles de l’EIL. Le jeu en valait- il la chandelle? Le professeur m’avait prévenu. Je ne pouvais compter que sur moi même. Les projets d’enseignement que j’avais suivis à ses côtés m’avaient ouvert les yeux et l’esprit à une autre forme de connaissance. J’avais changé ma vision du monde et de l’univers. Je savais que je possédais une arme qui pouvait avoir l’effet d’une bombe et réduire les croyances de tout à chacun à néant. Le professeur Hornes aimait me répéter que le savoir est garant des libertés.

Il me racontait ses exploits dans un monde en plein changement. Il aimait me montrer ses effets personnels avec lesquels il avait parcouru le monde. Une veste de cuir, un pistolet d’une autre époque, un vieux couvre-chef. J’aimais le taquiner en lui disant qu’il lui manquait un fouet et là, il se mettait à me conter qu’il avait inspiré Spielberg pour le rôle du célèbre professeur archéologue. Je hochais la tête comprenant où il voulait en venir. A chaque rentrée il prenait un nouvel assistant. Il commençait toujours par sortir ses vielles reliques puis lui comptait ses aventures d’un autre âge. Certaines de ses histoires semblaient si improbables mais il n’en démordait pas. Pour lui l’archéologie était noyautée par des loges occultes. Une de ses reliques portait tellement à confusion dans la communauté qu’il avait dû se résigner à la mettre au coffre de peur de perdre sa chaire à l’université ainsi que les crédits alloués. Comme si une pioche prise dans de la roche pouvait changer la face du monde.

Nous venions de passer la nuit non loin d’un camp de l’EUFOR. L’armée européenne avait été envoyée pour mettre fin aux conflits dans les pays du centre de l’Afrique qui duraient depuis plusieurs années. Elle n’était pas encore en fonction mais déjà prête à intervenir. Le Général fraichement nommé n’attendait que les ordres de Bruxelles. Nous avions dû rester discrets. Personne ne pouvait se douter qu’un autre conflit se préparait ici. Depuis plus de dix ans la France et l’ONU essayaient tant bien que mal de garder un semblant de paix mais après l’épisode Ébola et les bombardements étatsuniens la donne avait changé. Les extrémistes de L’EIL s’étaient alliés et tenaient quatre-vingts pour cent du Sahara ainsi que la plupart des capitales d’Afrique centrale.

Plusieurs milliers d’hommes au bord du Nil, stationnés là, entrainés à tuer, sans aucune pitié. Ils n’attendaient que l’ordre de se mettre en marche. Là où l’ONU avait pêché par manque de pouvoir cette armée surentrainée allait balayer d’un revers de manche toutes formes de rébellion sur le continent Africain. Un plan de bombardements des capitales récalcitrantes avait été voté secrètement à l’ONU pendant que certains tentaient encore de trouver un compromis. Le plus grand génocide légal orchestré par les états occidentaux. Au lieu de s’en prendre aux milices armées ils exécutèrent la population civile et des millions de personnes remplirent les charniers. Si une civilisation future creusait, elle n’aurait pas de mal à comprendre ce qui s’était joué ici. La mise à mort pure et simple. Ils n’avaient aucune chance de s’en sortir. Les maladies à côté n’avaient été qu’une écharde dans la corne d’un rhinocéros d’Afrique. On peut dire que ce jour ils avaient perdu la bataille de la communication et que toute les solutions avaient été utilisées pour arriver au demi milliard de survivants dont une majorité de la classe dirigeante ; enfin c’est ce qu’ils croyaient.

J’avais en ma possession une vieille carte mal conservée et une vielle bague attachée en pendentif. Elle était faite dans un métal que je ne connaissais pas. J’avais fait pas mal de tests dont celui du micro ondes. Mal m’en a pris, j’avais du nettoyer mon bureau après l’explosion de celui ci. La bague, elle, était en parfait état, elle avait même été nettoyée par les flammes et la chaleur. Les signes en arrière ne ressemblaient à aucun signes connus. Même Zecharia n’avait su déchiffrer cette écriture. Il avait passé une partie de sa vie à vouloir découvrir le secret de cette bague. Tous les spécialistes connaissaient la signification des ailes et de la pyramide mais en aucun cas les dessins au dessus ne ressemblaient à quelque chose de connu. Je la portais autour du cou non comme un trophée mais surtout pour ne pas la perdre. Trop souvent, à sa vue, des gens bien avaient sombré dans la folie. Je savais que je pouvais m’en sortir et que personne n’est condamné d’avance ; je savais déjà que je devais aller jusqu’au bout.

Une poignée d’initiés avait choisi de maintenir le monde dans l’ignorance. Dès lors, leur choix allait sceller l’avenir de l’espèce humaine. En gardant tous ces secrets cachés de tous, ils avaient fini par croire que la population resterait soumise. Mal leur en avait pris. La boite de pandore allait être ouverte et avec elle bon nombre de secrets allaient être dévoilés. Je me souvenais d’un de mes nombreux voyages à Rome. Trop souvent pris par mes lectures à la bibliothèque du Vatican, j’avais fait une rencontre étrange, une nuit, en m’attardant dans cette pièce immense. Il était de petite taille et l’air de sortir d’une autre époque. Il s’était présenté à moi comme un gardien du savoir. Il avait été cardinal dans une autre vie m’avait-il dit ; en regardant le livre que je tenais, il me dit cette phrase.

« Le pouvoir du féminin sacré nait de la puissance du masculin »

Puis il repartit par une petite porte dérobée au fond de la grande galerie. Que voulait-il dire ? Quel message avait-il voulu faire passer ? Il me semblait avoir lu une phrase proche de celle ci. Une traduction hasardeuse du sanscrit, je m’étais dit. Je me replongeais dans mes lectures quand, dans un éclair de génie, je me souvins du livre ou j’avais lu cette phrase. Me rendant en courant dans l’allée ou je me souvenais l’avoir vue. C’était un gros livre dans une matière étrange. Je n’avais pu le lire parce qu’un prêtre Jésuite l’emportait avec lui mais j’avais pu lire sur la couverture cette phrase, ces trois lettre ¨N…OM¨.

Rien à son emplacement, le livre manquait. Quand je me dirigeais vers l’ordinateur de recherche, un garde suisse vint me chercher. Mes recherches étaient finies pour ce soir je me dis.

« Monsieur le Cardinal d’Ambrostinie veut vous voir. »

« Suivez moi »

Cela faisait quelques années mais cette phrase me hantait. On ne parle plus ici d’arche, de calice, de rêve d’immortalité mais bien de l’origine de la race humaine. D’ou venons-nous, qui sommes nous ? Tant de questions sans réponses pour quiconque ne se posait pas les bonnes questions. Nous avions marché un mois parfois quinze heures par jour. Je savais au fond de moi que nous approchions du but mais j’étais loin de m’imaginer les découvertes que nous allions faire. En arrivant en pleine forêt nous avions pris une pause de deux jours. Tout le monde était épuisé et démotivé mais je continuais de les encourager en leur expliquant que nous cherchions plus qu’un simple trésor. Le saint graal pour eux était une coupe de vie mais pour moi c’était plus que cela, c’était la réponse à cette question… d’ou venions nous ? La réponse était dans cette forêt, j’en étais sûr.

Passés les deux jours de repos forcés nous avions repris la route vers le sud, le grand lac était derrière nous depuis plus de quinze jours et nous nous enfoncions à un rythme beaucoup trop lent à mon goût. La forêt se faisait de plus en plus dense, nous avions perdu trois hommes à cause de la fièvre et le peu de médicaments que nous possédions n’y faisait rien. Si cela continuait comme ça, aucun de nous n’arriverait à destination. Une fois de plus nous devions faire un arrêt. Deux porteurs de plus étaient tombés malade. Nous sommes restés trois jours de plus. Le soleil n’était pas encore levé quand on entendit un cri venant du coeur de la forêt. Trois hommes armés partirent en éclaireur, quelques instants après l’un deux revenait ensanglanté et une flèche enfoncée dans la nuque. En deux secondes nous étions encerclés.

Tôt dans la matinée nous étions entrés en contact avec deux primitifs isolés. Ils étaient cachés dans les arbres, occupés à nous observer. Ils avaient fuit et même notre guide n’avait pu les rattraper. Nous ne savions pas si La forêt était hostile mais si je me référais à mes notes ils pouvaient être les gardiens du temple. J’étais allé moi même à leur rencontre. En nous voyant arriver ils s’étaient regroupés et nous attendaient armés de lance. A la vue de mon pendentif un des hommes avait crié quelque chose et tous s’étaient prosternés. Je leur indiquais de se relever mais rien n’y faisait, ils n’osaient plus me regarder. Après plus d’un quart d’heure une femme sortit de nulle part et leur parla. Ils se relevèrent et nous escortèrent jusqu’à une grande échelle creusée dans un arbre gigantesque. Elle ne posa aucune question à propos du pendentif ce qui m’intrigua. Pourquoi ses hommes étaient sensible à ces dessins et pas elle.

Arrivés en haut des arbres nous pouvions contempler la grandeur de cette forêt. J’arrivais à sentir l’âme de cette jungle. L’air était beaucoup moins humide près de la cime des arbres. Le soleil commençait sa lente décente. Nous furent bientôt éclairés à la seule lumière de la lune. Ils commencèrent par nous nourrir puis ils soignèrent les malades. En deux jours tout le monde était sur pied. étrangement la femme parlait un dialecte proche de l’hébreu et du nubien, un mélange qui me permit de me familiariser avec cette langue. Je lui demandais ou elle avait appris cette langue et d’ou venait leur culture. Elle me répondit que son peuple avait toujours parlé cette langue et qu’ils étaient les gardiens du trône. Que son peuple était venu la il y a plusieurs milliers d’années.

Enfin ce fut ma supposition vu que le mélange des deux n’avait pu s’effectuer qu’à une période ou les deux peuples avaient eut une chance de se croiser. Cette période était elle-même consignée dans la bible. Elle vit sur mon visage un mélange de stupeur, d’effroi et de joie et se mis à rire. Elle ajouta que nous les hommes blancs avions oublié nos origines. J’insistais pour voir le trône mais elle me répétait d’être patient, que d’abords nous devrions reprendre des forces. Je la questionnais sur ce trône et sur sa fonction. Quand je prononçais le nom de Salomon elle recula d’un pas et marmonna une phrase incompréhensible puis elle repris ses esprits et se retira de la hutte.

Plusieurs jours avaient passé et la gardienne vint me voir. Dans ses mains je pus reconnaitre sur un pendentif le même symbole que sur la bague. Elle me le tendit et désigna un point sur ma carte, un endroit précis ou elle me dit que je trouverai ce que je cherchais puis prit un bâton au sol et esquissa plusieurs formes dont une qui représentait étrangement un cartouche. Sur le coup je ne me rendis pas compte de sa signification ; ce n’est que sur le trajet que je me souvins ou je l’avais vu. C’était le premier cartouche sur la pierre de rosette, enfin ce qu’il en restait ; au début de mes études j’avais eu la chance d’approcher ce vestige d’un temps ancien. Deux mois de cours d’été à travailler sur cette pierre jour et nuit mais le jeu en valait la chandelle. J’avais pu corriger une dizaine d’erreurs faite par Champollion. Des erreurs en apparence bénignes, qui, je le pensais, allaient révolutionner l’archéologie moderne mais très vite j’allais déchanter. On me fit savoir que si je publiais ces travaux je n’aurais plus jamais de bourses et que je n’aurais pas la chance de finir mon dernier trimestre.

A cette période je n’avais aucune connaissance de ce milieu là. Avec le temps je me fis un nom et pus grâce à quelques soutiens publier une partie de mes recherches. On peut dire que j’avais pas mal de chance ou une bonne étoile car parfois mes thèses étaient reprises pour être aussi démontées mais au moins elles étaient publiées. Ce n’est que plus tard que je compris qui était derrière cette pseudo bonne étoile. Je n’étais qu’un pion parfois trop incontrôlable.

Trop peu à mon goût mais ce fut assez pour trouver quelques mécènes pour financer mes premières recherches. A partir de ce moment là, je passais le plus clair de mon temps sur les chantiers, dans des grottes et dans les bibliothèques reconstituées de certains pays en guerre. Il m’arrivait parfois d’être dans des lieus que l’imaginaire collectif semble avoir oublié. Il y avait un peu partout dans le monde des trésors d’écriture disponibles aux seuls initiés. C’est comme ca que je vis de mes propres yeux une partie de la collection de la grande bibliothèque d’Alexandrie que l’on croyait détruite ou encore la collection de Léonard De Vinci au complet avec plans originaux, récits et travaux sur la pierre philosophale. En gros, on mentait à la population pour la bonne cause. Un mensonge délibéré et si gros que personne n’osait le remettre en question.

Très jeune j’avais baigné dans le milieu de l’archéologie et des histoires d’hommes venus d’ailleurs. Mes premières lectures parlaient de ces hommes sortis de terre avec la lumière et qui vénéraient l’homme serpent et le soleil. Des histoires à dormir debout vous me direz mais quand on connait quelques faits historiques on peut vite perdre ses repères. Je me souviens d’une discussion avec une future anthropologue qui m’avait trop vite jugé. Toute vie extraterrestre pour elle n’était que pure imagination. Aucun crâne de Crystal n’existait, aucune traduction ne parlait d’espèces venues du ciel. Elle niait l’évidence et aimait se moquer de moi. Pour elle, les livres qu’elle avait lus faisaient foi. La vérité était celle enseignée et en aucun cas ne pouvait être remise en cause.

On savait maintenant que les pyramides étaient plus vieilles que ce que l’on croyait, que le sphinx lui aussi était d’une autre époque. Partout dans le monde des pyramides avaient été mises au jour mais beaucoup trop de questions étaient apparues en même temps. Certaines datations remontaient à plus de quarante mille ans. Toutes les études du vingtième siècle avaient été balayées par ces découvertes. Un grand nombre de temples sous marins avaient été cartographiés par les satellites occidentaux. Après de nombreuses fouilles, des artéfacts que nous pensions Atlante, avaient été remontés. Très peu de choses avaient été traduites et encore maintenant je n’y avais pas eu accès ; un niveau de secrets si élevé que même le président des États Unis d’Amérique ne pouvait prétendre avoir eu en sa possession quelques dossiers où archives que ce soit.

Plusieurs mois avant l’invasion de la Crimée et quelques mois avant l’attaque de la Russie en Ukraine, une info était passée complètement inaperçue, la NASA avait annoncé que la découverte de vie extraterrestre serait possible d’ici 2030. Les ufologues avaient ri a gorge déployé sur la toile. Mais pourtant certains savaient que cela allait se produire. Personne ne savait quand mais on pouvait imaginer que ce n’était plus qu’une question de mois ou d’années avant que nous sachions. De nombreux clichés commençaient à circuler et la NASA ne commentait aucune des publications. Un silence laconique qui en disait long. Des sites parodiques de la NASA pullulaient sur la toile moquant l’attitude dédaigneuse de l’agence face à toutes ces évidences. Les forums se moquaient de l’agence spatiale. Des photos détournées et des commentaires fleurissaient de jours en jours au grand dam de la maison blanche.

Quelques journalistes avaient vu venir le scoop mais n’en était qu’au début de leurs surprises. C’est un monde de gens normaux complètement fous. Fou aux yeux des néophytes mais quand on creuse un peu, des personnes sortent du lot et le peu que l’on apprend d’eux peu valoir une fortune. Mais ils étaient devenus méfiants envers les étrangers. Ils ne se confiaient plus comme avant. Certains avaient été traqués pour complot et exécutés, ce qui referma la coquille aussitôt. Parfois certains brisaient le silence pour avertir de certains évènements mais cela faisait au final le jeu des médias. Il faut faire attention car nous savons tous que l’information ne vaut rien tant qu’elle n’a pas été vérifiée.

Un grand nombre de sites montrait sous la pression bon nombre d’articles sans grande recherche sur l’évolution de la technologie et des séries de science fiction. Le meilleur exemple que je peux vous donner le startak de Motorola et les récepteurs de la série Star Trek. Ca fait encore rire les nostalgiques des années deux milles mais ce n’est pas le seul exemple qui nous vient…

« Monsieur ! Monsieur ! »

« Nous avons trouvé quelques choses »

« Suivez nous »

Je courais rejoindre Ali notre guide. Je suivais sa voix dans la pénombre. Difficilement je me frayais un chemin dans l’obscurité. Je sentais les branches, les épines griffer mon corps mais l’excitation était telle que je ne ressentais pas la douleur. L’entrée était cachée par la végétation. Passé ce mur dense nous pouvions apercevoir deux répliques du sphinx et au dessus de moi une voute ornée de hiéroglyphes, une porte en métal fermait l’ouverture. Au centre de la dalle un dessin représentant un roi nous faisait face. Je remarquais tout de suite qu’un de ses doigts était dirigé vers le haut en direction du soleil. Je sentais que nous étions proches et il ne me fallut que quelques secondes pour retirer la bague autour de mon cou et la placer sur le doigt. Le sol se mit à trembler et la dalle se leva dans un vacarme épouvantable. Une nuée de chauves souris sortit comme un seul être. Certains de mes hommes hurlèrent comme si ils avaient vu le diable en personne. Après avoir repris nos esprits un petit groupe entra à la lumière d’une simple torche de poche. L’expérience m’avait appris à contrôler mes peurs dans ce genre de situation et surtout l’excitation des découvertes futures me donnait le goût et la force d’avancer.

Il nous fallut une bonne heure pour atteindre la première pièce et deux autres heures pour prendre possession de l’étage. Une odeur pestilentielle nous agressait à chaque instant. Il était difficile d’avancer dans tous ces corridors. Un nettoyage des lieus fut requis mais il ne valait mieux ne pas regarder où l’on s’asseyait, à chaque mouvement on pouvait entendre des craquements au sol. Chacun savait ce qu’il avait à faire ; comme des fourmis qui s’affèrent dans leur fourmilière, mes hommes avaient installé le camp dans la grande salle du tombeau. Un certain nombre avait commencé à répertorier les artéfacts et pendant des heures, un va et vient de bijoux, dorures et autres objets transitaient des pièces transversales vers la salle principale. A 17h nous avions déjà recensé une centaine de jarres faites dans une matière inconnue et plusieurs kilos de parures en or et pierres précieuses.

La déception fut grande devant le bloc de granite qui servait de tombeau. Il était vide et la seule chose présente à l’intérieur était une boite en métal avec des dessins gravés sur ses faces. Moi qui pensais trouver le tombeau de Salomon je me retrouvais avec une énigme supplémentaire. Pas une trace de corps, pas même une statue pour le représenter. Et si ma découverte n’en était pas une ?

Le premier soir, nous n’avions visité qu’une infime partie du temple. Les satellites nous situaient dans un bâtiment à base carrée mais d’après les relevés nous étions à l’étage supérieur et au moins deux étages se trouvaient sous nos pieds. J’avais cherché en vain une porte, un passage mais rien ; les murs étaient désespérément scellés. D’après l’inventaire fait nous l’avions trouvé mais je cherchais encore comment descendre aux étages inférieurs. Vases, bijoux, pièces d’or mais la plus grande trouvaille fut une série de parchemins. Tous écris en vieil hébreu et traduit en Égyptien. Je n’arrivais pas à dormir, trop de stress accumulé et surtout pas envie de perdre du temps. A la lueur de mon cellulaire j’essayais de traduire le premier parchemin. Il y en avait douze mais seulement dix étaient traduisibles ; les deux derniers étant trop mal conservés. Des papyrus vieux de plusieurs milliers d’années prêts à dévoiler leurs secrets.

Tout d’un coup un bruit sourd retentit et le sol trembla. Un flash suivit de fumée envahit la salle où nous trouvions, puis des coups de feu éclatèrent. Nous avions été suivis mais par qui ? Alors que je cherchais une sortie du regard une explosion me colla au sol. Je rampais jusqu’au tombeau en évitant tant bien que mal les projectiles. L’assaut fut bref mais aucun de mes compagnons n’avait survécu. En dix minutes la zone était quadrillée d’hommes de la CIA. Entre la fumée et les lasers de leurs armes je pouvais distinguer un amas de corps. Ils ne tardèrent pas à me trouver caché derrière ce morceau de granite.

Comment fuir, comment échapper à ce qui ressemblait à une mort certaine ?

Vêtus de tenues militaires avec l’aigle brodé sur leur manche ; ils portaient tous des masques à gaz et des lunettes à visées nocturne. Un homme arriva à mon niveau et décocha un crochet du gauche dans ma direction. Déjà au sol, ma face alla s’écraser contre la pierre. Je repris mes esprits et je sentis mes membres comprimés. Ils m’avaient ligoté avec des câbles en fer. Le frottement sur ma peau me brulait à chaque mouvement. Il me mit une gifle avant de me relever. La seule chose que je savais c’est qu’ils étaient américains ; à leur accent je pouvais même deviner qu’ils étaient pour la plupart du Texas. Leur chef se présenta à moi et s’excusa pour le mauvais coup en invoquant le manque de tact et de savoir vivre de ses hommes. Ils avaient un matériel de pointe beaucoup plus perfectionné que le nôtre. En quelques minutes ils avaient cartographié l’étage et avaient trouvé le passage pour descendre. Je suivais du regard l’écran général et ce que je voyais était tout bonnement spectaculaire. J’avais devant les yeux le squelette de ce bâtiment et ce que nous ignorions en entrant, c’était sa forme originale. Ce que j’avais en face de moi était la représentation en trois dimensions d’une pyramide. Arrivé devant la porte un problème de taille se posait à nous pour entrer ; Fallait il encore trouver la serrure.

Il me détacha et me menaça de mort si je tentais de fuir.

Sur leur écran infrarouge je remarquais un point qui semblait être un trou dans le mur ; c’était en fait la serrure de la porte. Je repensais à la façon dont nous étions entrés dans le temple ; l’instant d’après je sortais la bague de sous ma chemise. Il fallait que je garde mon calme et que j’attende le moment propice pour l’ouvrir. Je faisais rouler la bague entre mes doigts en imaginant ce qu’il y avait de l’autre coté. Du moniteur je distinguais une petite pièce avec ce qui s’emblait être un passage pour le niveau inférieur. Ils ne dormaient pas ou si peu. Cela faisait deux jours que j’attendais et je me doutais bien qu’ils finiraient par trouver ce que j’avais observé.

Ils étaient surarmés et je remarquais pour chacun d’eux le drapeau de leur pays d’origine qui était tatoué sur leur avant bras. C’était donc une opération officielle. Un canadien était parmi eux mais il ne me regardait jamais ; son regard me disait quelque chose mais j’étais incapable de le remettre. J’avais beau chercher au fond de ma mémoire aucune trace récente de lui pourtant mon instinct me disait le contraire. Un peu plus tard je décidais de l’interpeler et leur chef m’infligeât un coup de crosse de fusil à la tempe. Je restais au sol une bonne heure. Assurément ils ne voulaient pas que je sache qui ils étaient mais par contre je savais pourquoi ils étaient la.

En observant l’appareil de contrôle j’avais vu une pièce cachée. Je me levais et au même moment je donnais un grand coup de pied dans le sol sableux et profitant du nuage de poussière je me jetais sur le trou. La porte s’ouvrit dans un vacarme du diable et une tonne de sable nous bouchait la vue. J’étais derrière la porte et je ne savais pas combien de temps j’allais tenir seul avec ces hommes à mes trousses dans ce dédale. Je devrais surement prendre des notes en même temps mais j’avais entrainé mon cerveau à ce genre de situation. Avec une telle mémoire photographique, il était aisé pour moi de reproduire après coup tous les détails que j’avais observés. Je me jetais sous la porte en priant pour ne pas être écrasé. Au même moment je sentais une brulure au bas du ventre.

 

Auteur: Guillaume Plain

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© Juillet 2015

Chapitre 2

La Guerre des Mondes

*

         Après avoir gagné la guerre et signé un pacte avec les sumériens, il y a douze mille ans, les représentants de toutes les parties concernées, avec l’accord du sénat, les bannirent de l’anneau central, considérant cette espèce comme nuisible pour son environnement et elle-même. Des millions d’années de cohabitation pour en arriver là. Nombreuses avaient été les guerres déclenchées par cette espèce. Le Sénat ne comptait plus les planètes détruites ou souillées par les humains. Certains les comparaient à des cochons ou à des singes doués de la parole et de la pensée. Leur future prison avait été leur planète mère et serait leur tombeau. Trop de guerres galactiques pour des richesses universelles. Le partage ne faisait pas partie de leur habitude de vie. C’était ancré dans leurs gènes depuis leur création. Beaucoup de légendes existaient. Il y avait peu de livres historiques sur la naissance de ce peuple. Les plus ancien seraient du voyage lors de la grande transhumance ; amené à bord sur ordre de la reine, elle les avait donné aux sumériens comme preuve de bonne foi du Sénat.

Elle entra dans L’Arche et lui tendit un livre relié.

« Ma reine merci pour ce présent, je vous promets d’en faire bon usage »

Elle allait partir quand il lui demanda

« En quoi est fait ce livre? »

 

« En peau humaine Artem »

Lui lança la reine Ouadjet

 

« J’espère que vous ferez bon voyage »

 

« Ne vous inquiétez pas votre majesté vos veilleurs sont là pour nous protéger »

 

Elle disparut dans une coursive et Artem se mit à lire ce livre étrange.

Comme conclu, les derniers survivants devaient être déportés dans un système éloigné en bordure des 12 cosmos ; Point de ralliement de toutes les autres civilisations. Seuls quelques millions d’hommes avaient survécu. Ils seraient dispersés sur plusieurs continents de la Terre. Ainsi avaient décidé les membres du conseil après un vote qui entra dans l’histoire. Tous avaient choisi à l’unanimité de les déporter loin de toute civilisation. Un peuple dirigeait cette planète. Bien que n’étant pas les seuls à peupler ces continents ils ne rentraient que très peu de fois en contact. Les sumériens allaient accueillir ses bannis et, de ce fait, allaient vivre et cohabiter avec les différentes races d’hommes qui peuplaient l’univers. Kadiginra était la capitale de cette civilisation. Une des plus vastes et des plus luxueuses capitales de cette époque. Le mythe est loin de décrire la réalité de cette période antique. Une partie de la population était hostile aux accords et des voix se firent entendre pour refuser d’accueillir et d’aider les nouveaux venus. Il avait fallu un certain temps et de nombreux compromis pour qu’ils acceptent. Leur pseudo-indépendance leur suffisait et les voir débarquer comme hôtes et non comme négociants en minerai ne les réjouissait pas plus que ça. Quand il s’agit de payer, ils étaient chiches mais réguliers et savoir maintenant il faudrait partager les rendait méfiants. Ils venaient à peine de découvrir le droit de propriété et allaient devoir couper dans leur patrimoine pour ces anciens maitres ; surtout il n’y avait aucune garantie qu’ils n’essayent pas de prendre le pouvoir.

Artem était leur chef, il était le représentant des sumériens au sénat et avait fort à faire pour ne pas tomber dans le vice de la corruption sur sa planète. C’était un homme de taille moyenne avec le crâne dégarni mais une longue barbe trimée chaque jour. Plutôt coquet il avait grandi entouré de femmes souvent riches et proches du pouvoir. Elles lui avaient donné le goût des bonnes choses mais surtout de diriger et imposer son point de vue. Avant toute chose c’était un homme d’une grande culture et parlait plusieurs langues anciennes, mais le plus important, il était surement le plus grand diplomate humain au sénat et le plus respecté depuis des siècles. Sumer était une colonie d’Eden, elle fournissait les matières premières à cette dernière. C’était grâce à un décret que Sumer avait quitté le rang de colonie pour celui de Planète reconnue par le Sénat. Le Sénat voulant affaiblir les dirigeants Edeniens avait émancipé et par là même avait fait d’eux des êtres respectés au sein du Conseil supérieur. Le plus haut chancelier était venu après le grand déluge pour rassurer les populations et ses dirigeants. De nombreuses mines à ciel ouvert étaient utilisées pour extraire le cobalt et l’or nécessaires à la survie de son tuteur. D’abord esclaves ils gagnèrent leur liberté sans violence. Le Sénat avait ordonné à Dahams et son peuple de cesser toute colonisation, mais le plus souvent, ils contournaient les décisions votées et continuaient leur pillage. Un temps partenaires de la communauté des grandes mines ils avaient quitté celle ci pour pouvoir être indépendants. Mais, sur terre, étrangement ils avaient gardé un pied à terre et revenait régulièrement charger les minerais ainsi extraits avec l’accord des sages. Les sumériens vivaient libres depuis un cycle mais continuaient à vénérer Eden comme le Jardin de la création sans connaitre la triste vérité.

Les premiers avaient survécu à la maladie, leur planète avait trouvé comme parade à leur parasitage, une épidémie qui rendit les hommes stériles, la race allait s’éteindre d’où l’accord de convoyer les femmes survivantes vers la terre et de placer les enfants mâles dans une colonie des sept lunes. Pendant presque deux cent mille ans cette branche humaine avait pillé les sols au point que, à certains endroits, la croute de leur astre s’effondra, le peu de surface habitable était polluée et, bien qu’il fasse partie de la fédération des mines, aucun de leurs alliés ne les aida. Un sentiment de désespoir les envahit et bientôt ce monde sombra dans la guerre. Un jour une épidémie les toucha et ils accusèrent les visiteurs des autres fédérations d’avoir amené ce virus. Après enquête la source était l’astre lui même. En polluant leur terre ils polluèrent l’eau et l’air ainsi toute la population fut touchée. Des milliards de morts en près d’un siècle. Aucune parade n’existait et le peuple de Sanin dut se résigner. L’astre et son satellite furent placés en quarantaine sidérale jusqu’à l’exode forcé. Les épouses, les filles, les soeurs furent arrachées à leur famille sans aucun espoir de les revoir.

Les seconds venaient d’une planète bleue devenue or… cette planète est la plus éloignée des douze cosmos mais étrangement son cycle de rotation dans l’univers est en trois temps, elle reproduit un triquetra entrant dans trois galaxies et sur une période donnée ; où la planète rentre en opposition avec chaque astre de l’univers concerné puis elle repart pour une autre galaxie. Le mal qu’il cause est si important que de nombreuses planètes ou lunes ont disparu au fil des cycles dans un noeud de trèfle. Tout est bouleversé, chamboulé mais rares sont les fois où la vie n’a pas repris le dessus. Elle met neuf mille ans à revenir et passe en bordure de chaque galaxie tous les quatre mille cinq cents ans causant de très nombreuses destructions. Elle perturbe à chaque passage les axes de rotation de tous les astres croisés. Les gazeuses s’en sortent plutôt bien mais les planètes comme la terre sont exposées aux pires fléaux. Arrivée à proximité de son ancien axe elle fait demi tour, elle fait ça à équidistance dans les deux autres galaxies. Tout cela sans jamais entrer en contact direct avec ses soeurs. Elle repasse donc deux fois près de certaines lunes mais quand un astéroïde ou un météore croise son chemin cela donne ce qui s’est passé sur Mars après la grande guerre ou sur Terre par ricochets sur son manteau de la matière est éjectée exterminant toute vie sur son passage pendant au moins un cycle. Un trou béant sur terre et un petit bout de sa croute devenu satellite attirant la matière à elle pour devenir sa lune. Un grand fracas et plus rien seul l’astre mort et des résidus qui errent dans la galaxie ; c’est ce que cru le Sénat pendant longtemps. On dit que la Grande Nemesis l’aurait fait dévié de son axe de rotation et que protégé par sa parure d’or, elle aurait survécu au choc et été éjectée hors de son orbite, il y a de cela plusieurs cycles.

La vie y était importante, aucune espèce n’était menacée, sauf celle embarquée ce jour dans le bâtiment minoen, du bétail dont faisaient partie les Edeniens. Ils appelaient cette planète l’Eden, le paradis, un astre voué à une mort certaine, sauvé par une poignée d’humains, devenu l’astre le plus craint dans ce coin de l’univers. Un petit coin de paradis en bordure des galaxies La totalité de la surface était recouverte de végétation, Aéroports Galactiques, de lacs, immeubles souterrains de plus de cent étages, de cours d’eau ou des gratte ciel de plus de six cent mètres, tous indépendants énergétiquement. Centre de tri des eaux usées ultramoderne, recyclage des déchets individuels et tri des produits manufacturés directement dans les buildings. Le plus souvent en sous-sol pour une meilleure harmonie avec la nature ils avaient aussi construit en hauteur. Ils avaient les connaissances sur la gravité et bon nombre de bases lotissements fleurissaient au dessus de la cime des nuages Tout y est recyclé, tout y a une seconde vie même certains sages eux mêmes ; d’un naturel passif, distingué et d’une intelligence hors du commun, ils avaient survécu plus de deux millions d’années.

Civilisation avancée à la base de tous les Peuples humain. Nul ne savait de quelle branche de l’évolution de leur planète ils venaient. De mémoire de sénateur ils étaient apparus un jour. Miracle pour certains, hérésie scientifique pour d’autres, ils étaient vus tantôt comme des porcs qui ne pensent qu’à se bâfrer et se reproduire tantôt comme des singes incapables d’évoluer. Même les non croyants n’avaient pu qu’y voir la main d’un dieu. Pour protéger sa planète des effets de différents cataclysmes ils avaient créé un bouclier atmosphérique qui à la fois empêchait d’être touché par les astéroïdes et protégeait des rayons ultraviolets et cerise sécuritaire sur le sunday de la technologie, ce bouclier les rendait invisibles aux radars et télescopes même les plus sophistiqués. Sa seule erreur était celle de mettre en esclavage toutes les planètes découvertes. Ils se faisaient passer pour des dieux et sans cesse pillaient les ressources nécessaires à leur propre survie. Elle n’avait de propre et sans tache que l’image, les mains, elles étaient pleines de sang. De nombreuses fois rappelées à l’ordre par le Sénat, ils se fichaient éperdument des règles. Une partie d’entre eux avaient suivit une autre voie bien plus éclairée celle là. Bien que de nombreux peuples étaient devenus libres par la volonté d’harmonie dans l’univers, régulièrement ils avaient été mis en garde sur les conséquences de tels actes.

La troisième tribu était primitive en apparence et violente mais douée elle aussi d’une grande intelligence. En premier lieu Ils habitaient l’olympe mais ils furent chassés pour trahison par les gardiens d’éden. Un grand nombre de soldats de la première tribu fut massacré puis ils dispersèrent les survivants ; qui s’implantèrent sur cette colonie en bordure de la galaxie elliptique. Cela faisait longtemps qu’ils n’avaient pas fait de vagues mais ils étaient surveillés par le sénat mais aussi par Eden. Ils cachaient bien leur jeu, bon nombre de leurs secrets résidaient dans des technologies avancées. Mais en apparence seulement ils étaient primitifs car derrière cette façade une mascarade se tramait en sous sol. Ils avaient réuni assez d’armes pour détruire n’importe quelle armé et surtout il pouvait la battre sur mer dans le ciel et même dans l’espace. La venue des émissaires du sénat pour préparer le grand voyage avait contrarié leur plan mais ils ne s’avoueraient jamais battus. Ils préféraient se quereller pour des femelles ou tuer leurs voisins pour quelques bouts de chiffon ou bien même pour des métaux précieux. Peu d’entre eux avaient survécu à la dernière guerre des mondes mais la reine de Minoâ avait tenu parole et avait épargné les survivants. Leur chef Kaë était sanguinaire et sans aucune pitié. Son pouvoir était sans limite sur ses sujets. Ils étaient d’après la légende les descendants directs du peuple de la terre, mais pour de sombres jeux de pouvoirs avaient choisi de s’exiler sur un satellite d’une naine brune appelé Herculeos dans la galaxie d’Elyos. Certains disaient que les sages avaient choisi le céleste et les édeniens l’argent et eux minaient pour les seconds, réduits en esclavage pendant des centaines de milliers d’années. Il n’y avait pas de gardien parce que aucun moyen de quitter la planète. Son champ magnétique attirait tout comme un aimant seule une porte magnétique sur la planète permettait le transport dans un sens comme dans l’autre. Il suffirait au sénat d’ouvrir la porte de Pandora et les hommes de Kaë arriveraient derrière la porte située sur l’arche galactique.

Les quatrièmes n’étaient que les victimes de cette guerre, n’avaient ni la parole ni la connaissance de l’écriture, ils ne communiquaient que par cri. Mesurant plus de 6 pieds et étant particulièrement poilus ils étaient craints plus pour leur apparence que par leur force qui pourtant surpassait celle des autres tribus. Victime parce que tout les humains étaient bannis, leur tribu était la moins évoluée de toutes et donc ne faisait que subir la sanction de la reine ouadjet et du sénat. Peuple des plus primitifs ils vivaient dans de petites grottes disséminées sur leur planète. La chasse et la pêche étaient leurs seules occupations. Il vivaient reclus le plus souvent dans des cavernes pendant les périodes de grand froid et regagnaient les plaines une fois l’hiver passé. Une partie du temps ils ne sortaient que la nuit tombée de leurs huttes pour ne pas souffrir de la chaleur de la saison chaude. Toutes les activités se passaient la nuit l’été et ils ne faisaient rien l’hiver. Ils hibernaient comme des animaux. Il y avait deux saisons distinctes sur cet astre. Un été de quarante huit mois terrestres et un hiver d’environ soixante mois. La faune et la flore s’étaient habituées à ce cycle. Les miracles de l’évolution comme certains disent. Cela faisait plusieurs millénaires que les autochtones faisaient des allers et retours entre l’obscurité des nuits chaudes et celle des journées noires et glaciales. Nadja sa servante en était, elle la suivait partout et satisfaisait à tous ses désirs même les plus primaires. Preuve que la reine appréciait les femelles de cette espèce pour autre chose que leur dévouement. Elle lui faisait confiance, parlait a cœur ouvert devant elle. Seule la parole lui manquait. Neufs soleils entouraient la ceinture avec comme conséquence des terres arides et une difficulté non des moindres à subsister et donc à évoluer. Le retard de cette civilisation primaire était aussi un avantage car les colons d’Eden n’avaient pu les asservir. Les cycles des neufs soleils étaient communs et tous les quatre ans, l’aridité et les chaleurs extrêmes étaient remplacées par un froid polaire et la glace recouvrait le sable une fois que la planète s’éloignait des soleils. Le Sénat avait longtemps hésité sur leur sort mais ayant une ADN commune ils étaient eux aussi susceptibles de reproduire les même erreurs. Ordre avait été donné de les déposer sur la partie glacée de la terre pour faciliter leur intégration.

La reine aimait à dire devant les sénateurs, en assemblée que ces bêtes puantes là ne valaient pas mieux a long terme que ces érudits qui se disaient supérieurs aux minoens vulgairement appelés sages. Ils descendaient de l’être suprême celle qui avait donné la vie à la race des hommes et qui après avait fauté avec le dieu serpent. Légende pour certains, histoire des civilisations pour d’autres. On parlait beaucoup en ville mais peu réellement savait. En fait une fable pour enfants à qui l’ont voulait faire peur. Elle savait ces écrits erronés et connaissait la vraie histoire de ces êtres vivants. Le dieu serpent n’était autre que le roi des reptiliens. Il aimait, autant que la reine Ouadjet, les femmes humaines, mais lui ne s’encombrait pas des lois du sénat sur la protection des espèces menacées. Les reptiliens étaient des mercenaires à la solde du meilleur payeur mais surtout se nourrissaient de leurs prisonniers, réduisant en esclavage les enfants et violant les femmes. Préférant vivre dans leurs vaisseaux, ils n’avaient pas de planète connue. Ils étaient craints de tous et plusieurs guerres n’avaient pas affaibli leur appétit. On pouvait les trouver aussi bien en bordure de la galaxie d’Orion que celle du lion. Le dieu serpent était l’un des plus vieux membre du sénat et tous le craignaient. Son défunt fils était le fruit d’une nuit passé avec la reine des humains Avëa. C’était il y a plusieurs millions d’années.

Munëa était un monde de paix et d’opulence. La recherche du bonheur était leur doctrine. Depuis la nuit des temps ils élisaient leur reine et rien ne pouvait changer cette règle. Aucune des tribus ne cherchait à dominer l’autre. L’harmonie régnait depuis prêt de cent soixante quinze millions d’années sur cette planète et sur ses lunes. Leur système étatique était simple et le partage était une de leur valeur prédominante. De ce fait la jalousie, l’envie, l’avarice n’avait pas leur place dans leur système de valeur. Un système matriarcal avec à sa tête une reine élue par son peuple au suffrage direct à un tour. Le sénat lui représentait chaque planète élevée d’un bout à l’autre de l’univers. Plusieurs fédérations étaient nées et certaines ne souhaitaient qu’une chose la fin du sénat.

Je ne sais pour quelle raison les humains étaient d’une nature naïve. Prêts à croire tout et n’importe quoi. Mais la cupidité était un de leurs plus grands défauts. L’un ajouté à l’autre faisait d’eux des êtres stupides doués d’intelligence, un paradoxe de la nature que trois guerres atomiques qui ont fini par ne laisser que des restes aux populations survivantes. Une planète si riche devenue la prison du rebut de l’univers. Ils étaient de bons soldats disciplinés et robustes. Le jour où on avait besoin de se battre sur un champ de bataille et dans l’espace on faisait appel à eux. L’alcool et les paradis artificiels étaient souvent leur moteur aussi bien dans l’art que dans la l’art de la guerre. Pourtant peu leurs faisaient confiance. De nature arrogante ils étaient le plus souvent les instigateurs des conflits. Jaloux ils ne savaient se tenir loin des rixes et autres embrouilles. Même les plus évolués trempaient en plein océan de corruption, chantages et malversations en tout genre.

Depuis que l’univers est ce qu’il est, la guerre et de longues périodes de paix s’étaient succédées. Mais cette fois seuls les hommes allaient payer la note. Leurs représentants avaient menti au conseil et couvert des crimes abjects. Même la reine n’avait pas voulu y croire avant de voir les preuves. Les responsables de chaque tribu avaient été réunis mais la sentence était connue d’avance. Abes représentait la tribu d’Eden, Sethis lui était le porte parole et chef des Sanins et Kaë, chef des barbares. Seul les primitifs n’étaient pas représentés.

Dans un passé lointain les hommes auraient déjà commis pareille erreur, d’après quelques tablettes bien conservées dans le palais de la reine, les hommes, firent fondre les glaces, arrachant toute vie végétale ce qui changea les courants, décimant les troupeaux, les maladies furent transmises par l’oiseau, seul animal capable de parcourir mille lieues sans fatigue. Ouadjet aimait lire ces tablettes mais elle ne comprenait pas tout, cette langue si lointaine ne correspondait pas à la langue Minoenne ou à d’autres dialectes ancestraux. Il lui avait fallu plusieurs milliers d’années pour arriver à déchiffrer certains passages Seule la mort et la destruction revenaient, elle pleurait souvent en pensant à ces hommes…ce cercle vicieux… mais la machine était en marche…

C’était la seule tare qu’elle trouvait à cette espèce qui dans des temps plus lointains était la nourriture de son peuple, avant que les douze lois n’accordent aux animaux le droit de converser, de se réunir, de pouvoir vivre en liberté et en sécurité. La plus grande faveur qui leur fut offerte fut aux yeux de bon nombre de sénateurs le droit de propriété. Les humains purent posséder autre chose qu’une conscience. Ce privilège ultime avait été voté après une bataille gagnée par les Atlantes, il y a de ça plusieurs cycles. Le doyen des sénateurs approchait le cycle et tous le respectaient pour cela ; quand il disait de mémoire d’homme aucun autour n’était né et ce qu’il racontait datait d’un autre Age. La légende du dieu serpent montrait bien la crédulité des hommes et surtout qu’ils reproduisaient toujours ce qui est gravé dans leur sang pour toujours : la mort. Elle était connue des toutes ces races mais seuls les sumériens ne la vénéraient pas comme une déesse, pourtant Lilith était bien la mère de tous. Quand elle pensait au dieu serpent elle n’arrivait pas à comprendre quelle femelle même parfaite pouvait engendrer une race si pitoyable. Eve n’aurait jamais du venir au monde. Faible était le serpent pour avoir laisser vivre cette progéniture, se disait la reine des minoens.

Le cas des inkahis avait été difficile à trancher. Descendants des martiens, ils avaient une apparence proche de celle des hommes mais des valeurs différentes. Arrivés sur terre il y a cent cinquante mille ans, ils ont d’abord peuplé le continent de Manïu avant de se réfugier plus au sud du continent Américain. Ils ne devaient pas interférer dans la vie des terriens et ne pouvaient commercer avec eux ni leur apporter leur technologie. Mais les règles sont faites pour être brisées. Bon nombre de découvertes ces quinze derniers millénaires étaient dues à la croisée de plusieurs peuples. Depuis la grande glaciation ils s’étaient repliés sur eux même, près de cent mille ans cachés dans les montagnes. Ce n’est que très récemment qu’ils ont renoué avec les terriens. Leur soif de sang et de guerre n’était pas une légende mais ils respectaient les vaincus. Ils avaient été les premiers déportés sur terre à la fin du dernier cycle. La décision n’avait pas été facile à prendre mais après de nombreux accords menés au sénat Galactique, une chance leur avait été donnée. Vivre sur la terre et respecter leur environnement. Ils devaient apprendre à vivre en harmonie avec les cieux.         Déposés dans une contrée éloignée de toute vie ; ils peuplèrent ce qui deviendrait Mü l’Empire du Levant. Même les sages eux mêmes n’avaient connaissance de cette information. Ils étaient en lien direct avec eux et le sénat, mais en aucun cas ne devaient jouer un rôle quelconque dans l’évolution des civilisations en devenir sous peine d’être décimés. Ils avaient un code basé sur les étoiles qui leur permettaient de voyager par delà les univers mais après la grande guerre des mines sur mars, la planète était devenue invivable. Des millions d’années de prospection avaient réduit cette belle planète bleue au rang de caillou. Un avant poste Minoen avait été construit en sous-sol mais il n’y avait plus aucune vie sur la surface de Mars. Puis il y eut plusieurs météorites qui finirent de tuer cet astre magnifique. Quand Sur terre la grande guerre eut lieu avec son lot de misères ils se cachèrent en attendant des jours meilleurs. Le Sénat finalement décida de ne pas les punir pas en concluant qu’ils étaient déjà en prison dans ces montagnes.

Les chefs des tribus avaient été réunis et la sanction leur avait été annoncée par la voix même de la reine. Un long silence et Kae prit la parole. Tout le monde l’écoutait et le Gouverneur comprit qui était le nouveau chef de ce groupe de sauvages. Il fit un rapport à son supérieur qui arriva sur le bureau du conseil et fit appeler la reine.

Un grand voyage les attendait puis à l’arriver une grande prison à ciel ouvert. Anubis en grand général et Ra gouverneur de Hermopolis seraient accompagnés du grand sage thoüt et de la grande prêtresse Osiris pour la grande transhumance. Dix mois terrestres seraient nécessaires pour arriver jusqu’à la planète bleue. Une longue traversée semée d’embuches et surtout ils ne seraient pas à l’abri d’une révolte pendant le voyage. Certains chefs avaient déjà juré de revenir pour tuer le sénat et ainsi mettre fin a cette dynastie. La colère était montée d’un cran à l’annonce du verdict. Beaucoup étaient morts car il avait fallu faire de nombreux exemples avant le départ. Même avec tous ces morts le voyage serait difficile et l’Arche était beaucoup trop exigüe pour transporter les survivants. Celui qui arriverait à les unir vaincra disait la légende ; S’il n’était pas l’élu il serait en tout cas le grand pope pour un temps. Le sénat savait maintenant ce qui l’attendait mais ne possédait pas encore toutes les cartes.

Ce que les tablettes ne disaient pas c’est qu’il y a plusieurs cycles, les hommes avaient habité la terre. Une civilisation plus ancienne que Sumer. Ils connaissaient parfaitement l’atome et son utilisation et leur industrie était basée sur la nanotechnologie. L’infiniment petit n’était qu’une des facette de leurs avancées, ils maitrisaient parfaitement l’alchimie et toutes les transmutations. Chacune de leurs découvertes était saluée partout dans l’univers. Bon nombre de brevets avaient été achetés par le Sénat soucieux de ne pas voir ces inventions tomber entre de mauvaises mains. La gravité n’était plus un secret pour eux. Seul les trous noirs leur étaient inconnus. Trop souvent proches mais jamais ils n’avaient pu maitriser le saint Graal. Ils étaient perçus comme des fous par certains par des génies par les autres. Au sein même du sénat bon nombre craignaient leur technologie. Le Sénat ne voyait pas d’un bon oeil toute cette puissance dans la main et l’esprit d’êtres si mesquins et avides de pouvoir. A l’aide d’une technologie avancée ils avaient bâti des monuments de façon à transmettre leurs connaissances. Sur un cycle ils avaient réussi à bâtir trois cents pyramides et autant de temples mais ils savaient qu’après plusieurs cycles il faudrait tout recommencer. Ils avaient commis l’irréparable et ils payaient chaque jour leur choix. Une guerre entre deux tribus de la terre avait dégénéré et les chefs de chaque camp étaient devenus fous. Une guerre atomique avait tout détruit, des continents entiers avaient été défigurés et cela pour plusieurs centaines de milliers d’années.

C’est d’ailleurs de celle ci dont s’inspirèrent les sumériens. En plein âge de glace ils avaient protégé des espèces entières de la faune et la flore. Pas moins de soixante dix mille ans sous la glace à attendre des jours meilleurs. Mais ils savaient mieux que personne que chaque changement de cycle amenait son lot de catastrophes et de morts. Les chefs de tribus n’ignoraient pas le danger de cette planète pour leurs populations. S’ils survivaient à un cycle ce serait déjà bien mais avant cela il faudrait survivre à cette longue traversée. Sethis semblait troublé, auraient-ils mal jugé cet homme? Ils se retrouvèrent dans une des chambre aménagée pour les chefs de clans. Kaë présenta à Séthis son meilleur garde du corps. Il eut un moment de recul quand Il vit au bras de ce barbare une si jolie femme.

« Ma femme Jaeckta »

Sethis la salua et d’un air interrogatif demanda

« Qu’une femme soit au bras d’un homme était normal mais qu’une femme d’une autre race puisse avoir des rapports avec un être humain me semble sacrilège. »

« Il n’en est rien » lui répondit Jaeckta

« Si je vous raconte l’histoire de votre race je pense que vous me trouverez beaucoup plus à votre goût.

Kaë reprit la parole

« Si je te dit qu’elle peut tuer un Inkahis à trente coudés d’elle tu comprendras pourquoi elle est mon garde du corps. »

Sachant la planète instable et ne faisant pas confiance dans la parole donnée des sumériens, la reine décida d’envoyer en éclaireur les veilleurs qui à ses yeux étaient les seuls capable de contenir toutes révoltes humaine pendant le périple ainsi que sur terre mais aussi de pouvoir déjouer les pièges qui pourraient leur être tendus. Elle ferma le livre et eut une larme. Sa servante entra et d’un regard elle comprit, juste le temps de mettre sa couronne, une robe et de prendre ce tome unique et si cher à ses yeux.

Le conseil n’attendait plus qu’elle. Elles s’engouffraient toutes les deux dans ce grand couloir lugubre. Au fond on distinguait une lumière ; un bruit strident, et on entendit la grande porte se refermer derrière elles.

 

Auteur: Guillaume Plain

Tous droits réservés

© Juin 2015

Chapitre 1

Les Changements

*

Rome, 8h du matin, les gardes Suisse restent de marbre, le temps dehors était frais. L’hiver était rude et long pour tout le monde. Les stigmates des bombardements sont encore cachés par quelques centimètres de poudreuse malgré le mois d’avril. Le climat avait changé à la suite de l’explosion de 5 volcans en moins d’un an ; d’un volcan en Indonésie, le Sangeang Api, du mont Pavlov en Alaska, l’Etna, le Vésuve en Italie et le Python de la Fournaise à la Réunion sans parler du mont Fuji au Japon, le Bardarbunga en Island en septembre deux mille quatorze et de la soufrière en Guadeloupe. Tous se sont réveillés en six mois de temps et les coulées de lave ont duré plusieurs mois. Des populations déplacées par millions. En plus des autres catastrophes il fallait compter avec ces nouveaux exilés. De nombreux pays furent affectés et le nombre de morts ne cessa d’augmenter au fil des mois. Pendant cinq ans, les courants et les vents avaient dévié changeant le climat par la même la face du monde à tout jamais. La météo avait foncièrement changé. Par la suite, les saisons s’étaient stabilisées.

            En Asie les pluies n’avaient de cesse dix mois sur douze et en Europe il n’y avait plus que deux saisons, un hiver long et glacial et un été timide et humide. L’Inde, le Pakistan, le Japon et les deux Corées avaient disparu dans l’effondrement de la plaque tectonique du Pakistan et les tremblements de terre ressentis jusqu’en France d’un coté et sur les côtes ouest Canada de l’autre. Le Canada lui, avait été peu touché par rapport au continent dans son ensemble. Malgré des secousses parfois violentes au niveau des Rocheuses ce pays étant dépourvu de volcans actifs. Les vapeurs et cendres venues d’Alaska ont eut une incidence sur la vie à l’ouest et au sud mais l’Ontario et le Québec avait été épargné. Une petite bande côtière à l’est de la province au lys avait disparu à la faveur du dernier tsunami mais la vie avait repris le long du Saint Laurent surtout autour de Montréal. Le reste du continent américain avait connu de nombreux changements. Outre le climat, les montagnes et les côtes, tout le globe dans son ensemble avait bougé. La Californie n’existait plus et Yellowstone était sous l’eau. La côte Est avait été submergé sur près de cent kilomètres, dans l’intérieur des terres et un grand nombre de citoyens américains avait péri. Le super volcan n’était pas entré en éruption mais l’humanité n’était pas à l’abri. Pas de super explosion mais un contournement des cours d’eau dû au nombreux tremblement de terre qui avait fini par remplir le volcan. Etrangement l’Amérique du sud avait peu bougé et les tsunamis n’avaient que très peu affecté la cartographie côtière du bas continent. L’Australie était à moitié submergée et aucune îles entre Sidney et la cote ouest de l’Amérique du sud n’avait résisté sauf une, l’Île de Pâques. L’Afrique a payé le plus lourd tribu que ce soit les différents tsunami sur ses côtes, la maladie, les tremblements de terre ou la guerre. Des dizaines millions de personnes mortes en quelques années. Même pendant cette courte période ils avaient continué à piller la corne comme si de rien n’était. Tout était matière à profits pour eux. La confédération de Russie elle, enregistrait des températures excessivement hautes pour cette latitude. Il n’était plus rare que des fermiers ou des mineurs fassent de nouvelles découvertes.

            Tous les chercheurs vous le diront nous manquons de temps. Mais peu vous dirons que nous traversons le temps et non l’inverse. Les mois passent, les années et seulement certaines personnes restent. Mon ami et collègue Sergei Antonov en faisait parti ; nous nous connaissions depuis un bon nombre d’année. Sergei s’occupait de fouilles en Sibérie. Plus précisément tout ce qui concerne les dossiers non classés de l’archéologie. En bref ce que l’on vous cache depuis plusieurs millénaire. Il avait été réquisitionné par le ministère de la culture sous couvert des services secrets russes. C’était un homme de taille moyenne avec une petite moustache brune. Il fumait des cigarillos directement importés de Cuba. Toujours habillé d’un complet beige, il portait toujours une écharpe rouge qu’un grand oligarque russe lui avait offert. Les cheveux mi-long en bataille, il posait parfois un chapeau en tissu sur sa tête pour avoir l’air plus sérieux. Nous étions en étroite communication depuis une dizaine d’années à la suite de découvertes en Sibérie remettant en cause notre évolution.

            Les représentants des grandes religions avaient crié au scandale avant de se ranger une à une derrière ce qui semblait être une preuve irréfutable. Des émissaires s’étaient rendus en Azerbaïdjan pour voir ses preuves. Un sommet sous haute surveillance volontairement Orchestré pour noyer le peuple sous de fausses informations. Seule l’Arabie Saoudite avait refusé cette découverte et refusait de valider cette nouvelle vérité sur l’évolution de l’homme. Darwin venait de se retourner dans sa tombe avec lui un grand nombre de scientifique, de politique et surtout de haut responsable religieux. Le bruit des cercueils aurait pu réveiller l’humanité mais pour chaque vérité les plus réfractaires trouvaient un argument stupide ou hors propos pour enfumer les téléspectateurs. Le KGB avait été ressuscité ainsi que ses méthodes barbares mais il y avait un point positif non négligeable à se retour ; grâce aux russes j’étais encore en vie. Par peur de voir la CIA profiter de ma mort et surtout de mes découvertes, ils m’avaient couvert. Ce n’était pas le Pérou et surtout la vie était rudimentaire mais je pouvais faire ce que je faisais de mieux ; chercher et trouver. Trois ans enfermé à étudier des artéfacts, des écrits vieux de dizaines de milliers d’années voir même plus ancien. Certains objets étaient datés au carbone 14 d’une date approchant le million d’année. D’autres objets irradiés étaient datés du début de la dernière air glaciére. Bon nombre de théories farfelues y trouvait une réponse. L’Air Glacière n’était qu’un Hiver Atomique. J’avais longtemps été sceptique mais les preuves étaient là, sous nos yeux. L’homme a toujours voulu savoir d’où il venait mais remettre en cause le dogme écrit eut été impensable. La religion a toujours veillé à notre méconnaissance de l’histoire. Savoir que l’existence de l’homme sur terre n’était en rien du hasard ou de la main divine ; en soit ce n’était pas une nouveauté. Découvrir qu’avant l’homme moderne il y avait eut des hommes doués d’intelligence au point de trouver une façon de transmettre leurs savoirs sur des millions d’années leur posaient un réel problème.

            C’était la deuxième fois que j’étais enfermé et finalement les prisons de la CIA n’avaient rien à envier aux prisons russes. Désormais les deux camps savaient mais chacun avait décidé sans se consulter de ne pas en parler. Aucune information n’avait filtré les premières années. Certains lanceurs d’alerte s’étaient eux-mêmes censurés de peur que la situation ne dégénère. Certaines informations valaient un prix exorbitant. Anomymous avait bien trouvé ici ou la des bribes d’informations sur des disques durs mais rien ne pouvait être vérifié. Même de très bons sites d’informations indépendants avaient creusé mais en vain. Je n’avais pas encore les éléments pour tout comprendre. Sergei avait de son coté bien avancé et à chaque conversation nous échangions précieusement nos nouvelles découvertes. A nous deux nous en savions plus que le KGB et la CIA réunit. Nous avions trouvé une façon de communiquer nos trouvailles par code. Nous parlions de nos grands pères respectifs. Tous deux soldats, l’un dans les forces françaises libres, soutiens de la première heure à De Gaule et l’autre dans l’armée Russe plus précisément un survivant de la bataille de Stalingrad.

            Leurs décorations étaient les artéfacts, les dates clés de la seconde Guerre Mondial représentaient des périodes prédéfinies dans le calendrier des astres et les personnages importants du conflit avait juste pour but de rendre crédible nos discussions. Chaque respiration donnait un nombre d’année bien précise que l’on calculait facilement grâce à une mètre à mesurer. Nous avions eut trois ans pour parfaire notre code et personne ne pouvait comprendre nos discussions. On se repérait sur une carte grâce au lieu important du D-Day qui correspondait à des points précis sur la mappe monde. Nous étions les seuls à pouvoir trouver la longitude et la latitude. Deux codes supplémentaires codaient nos découvertes en cryptant les données de façon linéaire.

            En ces temps tumultueux où la guerre faisait rage, une guerre de religion qui ne disait pas son nom. Les fanatiques de tous bords usurpaient son nom pour mettre en avant leurs guerres, poser des bombes devant des restaurants ou bien une des rares boutiques encore remplie de monde. Les pierres pleuvaient jusque dans la capitale romaine où la police avait fort a faire entre toutes les communautés armées. Le président du conseil avait appelé l’OTAN a l’aide et une motion avait été voté à la hâte au siège des Nations Unis à Montréal. Tous les sièges important avaient été déplacés à la hâte. Situés sur l’ile de Montréal devenue par dépit la capitale du nouveau gouvernement mondial et au grand dam des dirigeants états uniens qui pensaient il y a peu encore être les maitres du monde. C’est ainsi qu’en quelques jours la face du monde changeât. Paris fut la première puis Londres et enfin Washington à ce moment là je n’avais aucune connaissance de ce qui se passait. J’étais en Serbie à faire des fouilles autour de la Grande Pyramide et a vrai dire je m’en fichais royalement, j’avais d’autres soucis plus personnels. Entre les services secrets du Vatican et du Mossad qui cherchaient à m’éliminer et la CIA qui me finançait à des fins plus politique qu’archéologique. Tout ce petit monde jouait avec moi mais savait que j’étais proche de la vérité. Le Mossad avait financé l’attentat de Deauville ou avait périt la reine d’Angleterre, le président russe et français. Un joli coup les premières quarante huit heures mais après les médias avaient relayé l’info selon laquelle le gouvernement israélien avait participé au complot et la guerre était lancée. Un matin de juin de deux mille quinze la troisième guerre mondiale avait éclaté. Depuis la crise ukrainienne de deux mille quatorze les tensions étaient palpables entre les grandes nations.

            Plusieurs camps de manifestants un peu partout dans la ville avaient été vidé dans le sang. Une purge systématique planifiée et organisée mais cela n’avait pas découragé les survivants. Pendant des mois l’odeur de chair brulée remontait les rues. L’ordre avait été donné par un sombre général de l’OTAN qui rêvait de gloire tout cela au détriment de la population. Mais en sortant de sa résidence pensant pouvoir rejoindre le Vatican il avait été victime de plusieurs kamikazes et son corps, enfin ce qu’il en restait, avait été pendu non loin du Colisée. Quand les troupes de l’OTAN passaient là, elles ne pouvaient le rater, mais en aucun cas elles ne s’arrêtaient pour le détacher. Il était devenu le symbole d’une insoumission collective. Les soldats de l’OTAN savaient que la population s’était organisée et était maintenant armée, prête à en découdre.

            Depuis le début le saint siège avait joué un rôle d’apaisement et de médiateur. Non sans intérêts cachés. Un grand nombre de migrants de France, d’Allemagne, d’Europe du nord ou du Royaume-Uni avait rejoint la capitale italienne. Ils pensaient trouver la paix, beaucoup y laissèrent la vie. Même ses appels dominicaux ne changèrent rien, l’appel au calme de l’ONU… rien n’y avait fait, la politique du pire était en marche… Peu étaient dans le secret mais beaucoup avaient lancé des alertes via les médias sociaux. Twitter, Reddit et quelques bons sites d’infos alternatifs avaient tiré la sonnette d’alarme mais trop peu avait eut le temps de réagir. Et surtout trop peu avaient pris les devants lors des premiers signes. Quand les évènements ont commencé à dégénérer, quelques petits groupes avaient pu se retirer des grandes villes pour reconstruire un brun de vie confortable loin de la guerre ou de la maladie mais très vite des groupes armés indépendants s’étaient mis à piller et à tuer sans raisons. Dire sans raisons serait mentir. Academi et consort pour ne pas les nommer avaient reçu l’ordre d’exterminer toutes personnes n’étant pas répertorié dans leur base de données. Depuis deux mille douze secrètement les états-unis avaient lancé un programme d’injection de puces RFID* aux population des grandes villes américaines et des capitales alliées. Sans le savoir les donneurs de sang, les malades hospitalisés, les personnes vaccinées, toutes et tous étaient ensuite référencés et surveillés via l’Oeil.

            Trois capitales occidentales détruites par la maladie et les bombes ; des millions de personnes sur les routes fuyant l’épidémie. Il aura fallu l’intervention de plusieurs centaines de bombardiers pour enrailler le fléau, Paris, Londres et Washington avaient disparu pour protéger le reste de la planète. L’épidémie s’était répandue si vite, avait fait tant de morts aussi rapidement. Aucun vaccins, aucune molécules connues pour faire face à la pandémie. Certains disaient que dieu avait envoyé ce fléau pour punir l’homme. C’est la que le Vatican à pris un rôle que personne n’avait imaginé. Le pape appela la population eurasienne à venir en Italie plus précisément à Rome. Pendant des mois des migrants marchaient tenus par une chose commune, la foi. Chacun d’eux soutenaient l’autre. Alors que la nourriture commença à manquer tous se mirent à chanter leur amour pour dieux et comme par miracle des avions chinois et russes leur parachutèrent des vivres. En un an pas loin d’un milliard et demi de personnes avaient traversé des mers, des montagnes sans jamais perdre espoir. C’est une fois sur place que les choses prirent une tournure tragique. Sur le trajet près d’un tiers des migrants étaient morts et une fois sur place des millions moururent de froid et de faim. L’Eglise Romaine ne pouvait nourrir tout le monde. le Pape le savait mais avait quand même lancé son appel. Les cardinaux inquiets avaient tout fait pour l’en dissuader.

            L’Europe s’était uni aux américains, en créant bon nombre de tensions internes, un seul bloc politique, monétaire et commercial. Fini les alliances transatlantiques place à un et même bloc. Diriger par une poignée de petits banquiers tous aussi dangereux les uns que les autres. Officiellement il y avait un président des Etats Unis d’Europe mais en réalité les marchés faisaient encore la loi. Plus de lobby juste une main qui joue avec les marionnettes que sont les politiques. Le monde n’est plus en crise, il est en déclin. Le peu de gens qui ont encore accès à l’information savent que le chaos est déjà là et que la fin est proche. Une seule chose pourrait ramener le calme et une lueur d’espoir mais à ce moment précis il était déjà trop tard. Trop de sang avait coulé mais jamais assez pour cette poignée de vautour. Depuis trop longtemps ils avaient perdu cette guerre mais ils leur restaient encore des fonds et ils utiliseraient tous les moyens en leurs pouvoirs pour arriver à leurs fins.

Comme à chaque crise depuis la nuit des temps ils furent les premiers a être persécutés puis vint le temps des bourgeois petit ou grand peu d’importance leur statut fut leur dernière fierté avant l’exécution sommaire. Au final aucun lieu n’était sur. Organisé en communauté la plupart était armée et n’hésitait pas à se servir de la force sans discussion préalable. Parfois une once de technologie subsistait mais il fallait être prudent car cela attisait beaucoup de convoitises. C’est la que les mercenaires entraient en jeu. Peu importe que certains choisissent la paix et le calme, ils étaient payés pour faire régner le chaos. Des heures sombres ou le seul espoir était la survie. Beaucoup s’en servaient pour maintenir les foules dans l’ignorance mais avec ses évènements d’autres s’en servaient comme arme. L’ignorance alliée à la folie donnaient depuis la nuit des temps des résultats catastrophique mais hélas il y avait toujours une infime partie qui l’utilisait et toujours les mêmes.

Cible du grand changement, ce mouvement récemment apparu qui faisait de la politique du pire son meilleur slogan. Pas un jour sans morts, partout dans le monde le Chaos, la peur de l’étranger était devenu la peur du voisin. Plus de couleur, plus de race, seul le changement importait. Ils avaient engagé des milliers de mercenaires, ils les avaient vendu aux médias comme une milice qui devait aider les citoyens à quitter les grandes villes ; armés par ce nouvel état, surentrainés, près à tout pour quelques milliers d’eurodollars par jour. Je les avais croisés en Irak et je savais le mal qu’ils pouvaient faire juste pour de l’argent. Après la disparition de Paris, le gouvernement provincial c’était déplacé à Bordeaux ; devenue pour l’heure une ville fortifiée elle avait accueilli les rescapés du parlement ainsi que ceux du gouvernement. Le gouverneur de la province n’avait pas survécu et sa chef de cabinet l’avait remplacé à la hâte. Depuis l’union des états unis et de l’Europe. La France était devenue une province malgré elle de ce nouveau monde. Un parlement qui n’avait plus aucune souveraineté et un gouverneur général sans aucun pouvoir sauf celui de la police et d’une pseudo justice. Tous les pays d’Europe de l’ouest avaient perdu ce semblent de crédibilité et étaient empêtrés dans la corruption. Ceux de l’est avait rejoins la Grande Russie Unie nouveaux symboles d’une guerre froide qui n’en disait pas son nom.

            Depuis des années je suivais les infos d’un œil distant mais mes voyages et mes rencontres m’avaient permis de voir venir les choses. A chaque fois que j’avais voyagé, les dernières années avant ces évènements, j’avais trouvé des preuves que même le Vatican n’avait pu réfuter. Toujours ce petit groupe qui nous empêchait de dire la vérité. Ils avaient la main mise sur les canaux d’informations. De la presse écrite aux radios et télévision. La plus part des grosses régies leur permettait des rentes légales. L’argent de la mafia finançait leurs sale guerre un peu partout dans le monde. Ils se finançaient aussi avec l’immigration clandestine. bon nombre de migrants mourraient en mer. Le peu de survivant finissait par errer dans les rues des capitales abandonnées. L’archéologie interdite comme on l’appelait avait ses stars mais peu d’entre eux connaissaient réellement la vérité. ils ne faisaient que l’effleurer en sortant un livre de temps en temps. Quelques Bestsellers sortaient de temps à autre mais à chaque fois soit la critique les démontait soit au contraire les ignorait. Le bouche à oreille et les forums faisaient la job. C’est au printemps deux mille quatorze que le saint père avait choisi de préparer les chrétiens à leur venu. Dans ces discours il avait désormais une petite phrase toujours dirigée dans le sens d’une rencontre prochaine. Je n’ai jamais pu lui parler en personne mais j’ai été marqué à vie par mon passage au saint siège. Encore aujourd’hui mes recherches sont liées à mon séjour dans ce lieu saint.

            Rome avait connu des heures tristes, plus personne ne voulait monter dans un train, les gens ne sortaient que pour les courses du quotidien ou pour voir la famille encore vivante, la peur menait la vie de toute les grandes capitales du mondes, les populations se réappropriaient les campagnes, la société de consommation était sur son déclin. Le peu d’argent encore en circulation ne valait pas grand chose. L’or, l’argent et surtout le troc avait remplacé le système monétaire international Une fin si proche que personne n’avait eut le temps de changer les choses.

« La nature reprendrait le dessus sur le béton » aimait crier les manifestants un jour devant l’ambassade de L Europe unis un autre devant ses fenêtres… même la religion était sur sa fin. Le déclin de la société moderne était en marche. Toutes les religions ne feraient plus qu’une. Beaucoup de personnes avaient vu venir ce moment. Au début seul certains sites en parlaient. Puis peu après l’affaire Snowden des courriels explicites avaient été publié. Le mécanisme complexe du changement était en marche et seul les vrais croyants trouveraient la paix. Cette phrase finissait chaque envoie de cette correspondance haineuse. Mais un secret encore plus lourd remuait le saint siège. Tous les plus grands états seront là et tous voudrons une réponse… que dire, que faire, leur dévoiler la vérité leur dire que les recherches de plusieurs siècles se sont maintenant concrétisés mais que la prédiction semble erroné… et surtout elle faisait peur à cette élite au abois.

            C’était un mois d’avril ordinaire si la météo n’avait pas prévu un refroidissement pour les jours prochains, le journaliste avait annoncé une chute de plus de vingt degrés.

            Le mois d’avril est plutôt clément a Rome au début du vingtième siècle mais cette année il risquait bien d’être enneigé et glacial. Le froid n’arrangeant pas ces vieux rhumatismes. Il devait faire plus attention encore. La pièce était encore un peu sombre pour l’heure mais bientôt se disait-il, il pourrait ouvrir sa fenêtre sans avoir peur de tomber malade. Le mobilier était simple mais de très belle qualité; des bois précieux, des ornements dignes des souverains des plus grands Empires. La lumière passait par une grande fenêtre centrale qui devait éclairer toute la pièce aux meilleures heures de la journée. Près de son lit trônait un cabinet en bois massif sur lequel était disposé des papier a entête et un imposant livre relié dans une matière souple et de couleur sombre, on distinguait un rouge passé qui laissait imaginer un rouge sang presque réel. La pièce était éclairée le soir par un grand lustre de cristal d’une époque révolue où les fastes et les richesses faisaient la fierté du saint siège. La porte était fermée mais on entendait déjà s’activer les fourmis, les pas pressés résonnaient dans sa tête comme le tic tac d’une montre. Au fond se trouvait un petit lavabo en marbre avec au-dessus un service de bain en porcelaine. Ils saisi le savon se frotta les mains pris ça brosse a dents et commença par un lavage sec mais précis.

Il se retourna et alla s’habiller comme il avait l’habitude de le faire seul.

            Tant qu’il pourrait s’habiller sans aide il serait capable d’occuper son poste. Après s’être nettoyé le visage et rincé la bouche, il enfila ses habits d’apparat et alla s’installer à son bureau. Chaque chose était calculée d’avance, la routine menait chacun de ses pas chacun de ses mots. Ces mains tremblaient, sa bague imposante ne faisait qu’amplifier le mouvement, comme pris d’une crise…

Ah non pas encore se dit-il ce n’est pas le moment

Il se saisit de l’imposant ouvrage et continue sa lecture…

            Le livre était poussiéreux, les pages s’effritaient presque au toucher mais il tenait à finir ce livre. La couverture l’avait interloqué, pourquoi cette matière qu’elle utilité, une reliure pareille ne pouvait pas exister… mais il fallait bien avancer et plus il tournait les pages et plus cette odeur lui emplissait les narines jusqu’à l’empêcher de respirer. Il lui restait un chapitre à finir et c’était le plus difficile ; la fin d’une histoire et le début d’une autre. Depuis longtemps il avait été mis dans la confidence alors qu’il n’était encore que prêtre. Mais un évènement dans sa paroisse lui permit de monter dans la hiérarchie sans encombre.

            Il se souvint de ce qu’on lui avait enseigné de nombreuses années auparavant lors de ses séminaires. Même en terre sainte peu était capable de déchiffrer cette langue, la kabbale lui avait fait si peur, les moindres souvenirs lui rappelaient à quel point la vie d’un homme coûtait chère et que personne ne pouvait priver un homme de la connaissance et surtout de la vie. Connaître son passé peut être plus dangereux que connaître son futur. Car si l’on prend pour principe que l’on recommence toujours les mêmes erreurs. Alors l’homme aura forcement plus de mal à l’accepter. Trop de gens étaient mort pour ces écrits. Trop de sang avait coulé pour protéger tous ces secrets. La main de dieu avait sûrement créer l’univers mais maintenant il était certain que nous n’étions pas là par hasard. Des choses s’étaient passées il y a fort longtemps. Les hommes tels que nous les connaissons n’étaient pas le fruit d’une quelconque manipulation génétique ou évolution d’un animal.

            Depuis des millions d’années l’homme existait et une poignée était maintenant au courant. Les détails n’étaient pas encore connus mais les personnes chargées des traductions avançaient à grands pas. Mes découvertes avaient aidé à cette compréhension, cette réponse qui nous hantait depuis si longtemps. D’où venons-nous. Il manquait ici ou là des morceaux de notre histoire commune mais bientôt la vérité éclaterait. Une grande conspiration entourait ce siècle et les protagonistes étaient sur le point de perdre la guerre. Ils avaient choisi une politique sanguinaire et avaient été pris au dépourvu de la façon dont les évènements avaient tourné. A part l’argent et une partie des canaux d’informations, ils ne contrôlaient plus grand chose. La terre sera leur tombeau qu’il le veuille ou non. Des forces plus importantes en avaient décidé autrement ; la Nature reprendrait bientôt ses droits, très peu d’espèces survivront et la vie suivra son cours comme la terre savait le faire depuis plusieurs milliard d’années. A chaque fin de cycle le scénario se reproduisait ainsi va la vie sur la planète bleue.

            Après s’être absenté quelques secondes il reprit ses esprits et continua sa lecture. Il avait été préparé à cette évidence mais les mots lui manquaient. Depuis le début de cette crise il avait puisé dans sa foi pour pouvoir rester debout et ne pas abandonner à son sort l’espèce humaine. Les mots résonnaient et son visage restait impassible. Au bout de quelques instants il s’arrêta de lire, le temps se figeât. Et s’il était celui dont les prophéties parlaient. Si tout ce dont il avait entendu parlé était vrai ? Il ne pouvait reculer et surtout renoncer si prêt du but. Un bruit sourd le sorti de ses pensées. Une personne en habit militaire se tenait devant la porte, l’air grave il tendit au pape un téléphone.

Il prit une grande inspiration et s’empara le combiné

Allo ? dit son excellence.

L’homme au bout du fil : Il l’a trouvé

Il ne savait comment réagir son visage se figeât.

Merci, bonne journée

Il se perdit le temps d’une respiration dans ses pensées.

Il crut que cela dura une heure et reprit le cours de sa journée.

 

Auteur: Guillaume Plain

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© Juin 2015